Au Mali, l’excision reste légale malgré ses ravages : des milliers de filles en danger chaque jour

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 48 lectures
Au Mali, l’excision reste légale malgré ses ravages : des milliers de filles en danger chaque jour

Près de 9 femmes maliennes sur 10 subissent l’excision, une pratique pourtant interdite par le droit international et scientifiquement reconnue comme dangereuse. Pourtant, le Mali n’a toujours pas adopté de loi pour l’interdire, laissant des milliers de fillettes exposées chaque jour à des risques mortels.

Des séquelles physiques et psychologiques qui durent toute une vie

Korotoumou, aujourd’hui adulte, porte encore les stigmates de l’excision subie dans son enfance. Comme elle, des milliers de Maliennes souffrent de complications chroniques : douleurs pelviennes, infections urinaires, hémorragies, et traumatismes psychologiques profonds. Selon l’UNICEF, 89 % des femmes âgées de 15 à 49 ans au Mali ont subi cette mutilation génitale, malgré les preuves accablantes de ses dangers pour la santé reproductive et maternelle.

Un vide juridique qui expose les fillettes à des risques quotidiens

Le Mali, signataire de conventions internationales comme la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes, n’a toujours pas criminalisé l’excision. Ce retard législatif maintient des centaines de fillettes chaque année dans l’ombre des pratiques traditionnelles, avec des conséquences dramatiques : infections, fistules obstétricales, voire décès en couches. Pour Fatouma Harber, militante des droits des femmes, « chaque jour sans loi est un jour de plus où des vies sont sacrifiées sur l’autel de l’obscurantisme ».

La société civile contre les traditions et l’inaction politique

Face à l’inaction des autorités, la société civile se mobilise. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 6 000 signatures, tandis que des professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. « Nous sommes en 2024, comment justifier que cette pratique reste légale ? », s’indigne un médecin de Bamako, soulignant les risques obstétricaux accrus. Pourtant, le combat se heurte à des résistances tenaces : certains leaders religieux et traditionnels continuent de défendre l’excision au nom de la culture, malgré l’absence de fondement religieux à cette pratique.

Bamako attend une marche décisive pour faire bouger les lignes

Tous les espoirs reposent désormais sur la marche prévue le 22 août à Bamako, à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre l’excision. Les organisateurs espèrent exercer une pression suffisante sur les autorités pour enfin voir adopter une loi. « Le temps des déclarations est révolu, il faut des actes concrets », martèle une activiste. Cependant, dans un contexte politique marqué par des tensions, les militantes craignent que cette cause ne soit reléguée au second plan, au mépris des droits fondamentaux de milliers de femmes.

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