Au Liechtenstein, le Parlement ouvre la voie à la légalisation de l’avortement malgré l’opposition du prince

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 26 lectures
Au Liechtenstein, le Parlement ouvre la voie à la légalisation de l’avortement malgré l’opposition du prince

Le Parlement du Liechtenstein a adopté une initiative citoyenne visant à légaliser l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse, mais le prince héréditaire Alois pourrait y opposer son véto, bloquant ainsi une réforme historique dans ce petit État alpin.

Une victoire parlementaire étroite face à un système politique verrouillé

Mercredi 2 septembre, le Landtag – le Parlement du Liechtenstein – a approuvé à une voix près (13 contre 12) une initiative citoyenne portée par le parti Freie Liste, exigeant la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) durant les trois premiers mois. Portée par des militantes comme Tatjana As’Ad, cette initiative a recueilli près de 5 000 signatures, soit cinq fois le seuil légal, dans un pays où le catholicisme reste religion d’État et où l’avortement est actuellement interdit, sauf en cas de danger vital pour la mère ou de viol.

Pourtant, cette avancée législative reste fragile : le prince Alois, régent du pays et détenteur d’un droit de véto, s’est publiquement opposé au texte. Une opposition qui pourrait suffire à bloquer la réforme, comme en 2011, lorsque 52 % des électeurs avaient rejeté une proposition similaire lors d’un référendum.

Un référendum évité… pour l’instant

Contrairement à ce qui aurait pu se produire si le Landtag avait rejeté l’initiative, celle-ci n’est pas automatiquement soumise à référendum. Pourtant, un député de la Freie Liste a tenté d’imposer cette voie démocratique : sa motion a été rejetée de justesse (13 contre 12), prolongeant ainsi l’incertitude sur l’issue finale. Le débat reste ouvert : une nouvelle tentative de référendum pourrait-elle être organisée dans les mois à venir ?

Cette situation illustre les tensions entre modernité et tradition dans ce micro-État de 41 000 habitants, où près de 35 % de la population est composée de résidents étrangers, souvent moins attachés aux normes religieuses locales. La question de l’IVG divise aussi bien la classe politique que la société civile, entre défenseurs des droits des femmes et partisans d’une ligne conservatrice.

Des peines de prison pour les femmes et les praticiens

Actuellement, l’avortement est passible d’un an de prison pour une femme et jusqu’à trois ans pour un praticien réalisant l’acte en dehors des exceptions légales. Une légalisation partielle, comme celle proposée, modifierait radicalement ce cadre répressif, alignant le Liechtenstein sur la plupart des pays européens. Mais le véto princier pourrait maintenir le statu quo, malgré une volonté parlementaire claire.

La suite dépendra désormais des négociations entre le Landtag et la famille princière. Une issue incertaine, dans un pays où le pouvoir exécutif reste entre les mains d’une monarchie constitutionnelle aux prérogatives étendues.

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