Au Kenya, l’enlèvement d’un rédacteur en chef révèle une offensive contre la presse libre

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
Au Kenya, l’enlèvement d’un rédacteur en chef révèle une offensive contre la presse libre

Un rédacteur en chef du *Standard*, Alex Kiprotich, a été enlevé puis abandonné dans la nuit du 1er au 2 septembre 2026, près de Nakuru, au Kenya. Son enlèvement, filmé par sa caméra embarquée, illustre une escalade des violences contre les journalistes, dénoncée par les professionnels des médias comme une stratégie d’intimidation ciblée.

Un enlèvement filmé et un abandon dans l’urgence

Vers 21h30, le 1er septembre, Alex Kiprotich, rédacteur en chef du *Standard*, était contraint de s’arrêter sur la route entre Nakuru et Gilgil par un véhicule civil. Quatre hommes armés et cagoulés l’ont alors extrait de force de son véhicule avant de l’emmener vers une destination inconnue. Son téléphone, éteint par ses ravisseurs, a coupé toute communication pendant des heures. Ce n’est qu’à 3 heures du matin, près du barrage de Masinga, à 200 kilomètres au sud, que Kiprotich a été retrouvé abandonné dans des fourrés, sans explication sur les raisons de son enlèvement ni sur ses auteurs.

Les médias kényans dénoncent une campagne d’intimidation organisée

Le groupe *Standard* et les syndicats de journalistes kényans qualifient cet événement de « tactique calculée » visant à semer la peur au sein de la profession. Chaacha Mwita, président du groupe *Standard*, dénonce une contradiction flagrante : « Un pays qui prétend être libre et respecter les médias agit en réalité pour les museler. » Selon le Syndicat des journalistes du Kenya, cet enlèvement s’inscrit dans une série de 18 agressions ou blessures recensées entre juin et août 2026. Eric Oduor, président du syndicat, y voit une « attaque coordonnée » pour pousser à l’autocensure et étouffer les voix critiques, alors que l’information indépendante est plus que jamais nécessaire.

Un contexte politique sous haute tension

Les professionnels des médias kényans soulignent que ces violences surviennent dans un climat où les tensions politiques et sociales s’exacerbent. Le Conseil des médias du Kenya alerte sur une résurgence des violences contre les journalistes, alors que le public a un besoin accru d’informations fiables. L’enlèvement de Kiprotich, bien que sans lien direct avec un événement politique précis, est interprété comme un signal envoyé à l’ensemble de la presse : celui de la répression des critiques envers le pouvoir. Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ces accusations.

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