Une étude menée par le Centre for Retired Experts (CREX) révèle une volonté marquée des retraités ghanéens de prolonger leur contribution à la vie active. Alors que 96 % des personnes interrogées expriment le désir de travailler au-delà de l'âge légal, le pays fait face à un défi structurel majeur pour mobiliser ce capital humain inexploité.
Un vivier de compétences sous-utilisé
L'enquête, réalisée en février 2026 auprès de 559 retraités, souligne un décalage criant entre les aspirations des seniors et les opportunités offertes par le marché. Si 98 % des sondés se disent prêts à s'inscrire sur une plateforme dédiée pour proposer leur expertise, 93 % d'entre eux ignorent l'existence de mécanismes permettant de valoriser leurs compétences. Selon le Dr Adam Salifu, chercheur à l'Université des études professionnelles d'Accra (UPSA), le problème n'est pas lié à un manque de motivation, mais à une absence de coordination institutionnelle pour canaliser cette force de travail.
Mentorat et engagement citoyen
Loin de vouloir se retirer de la vie publique, une large majorité de retraités se projette dans des rôles de transmission. Environ 90 % des répondants souhaitent mentorat les jeunes professionnels, tandis que 88 % se déclarent prêts à siéger dans des conseils d'administration ou à agir en tant que conseillers. Leur motivation première n'est pas financière — le complément de revenu ne représente que 14 % des raisons invoquées — mais repose sur le besoin de rester mentalement actifs et de participer au développement national. La gouvernance et l'éducation figurent parmi les secteurs les plus attractifs pour ces experts.
Vers une redéfinition de la fin de carrière
La question de l'âge légal de départ à la retraite, fixé à 60 ans au Ghana, est remise en cause par plus de la moitié des participants qui jugent ce seuil prématuré. Avec 95 % des retraités déclarant une condition physique et mentale stable, le potentiel de contribution est réel. Plus de 90 % se disent même prêts à intervenir dans des zones rurales ou défavorisées, à condition de bénéficier d'un soutien logistique minimal pour le transport et la restauration. Cette étude marque le lancement d'une initiative nationale visant à transformer la perception de la retraite : il ne s'agit plus d'une fin de carrière, mais d'une nouvelle phase dédiée au leadership et à la transmission de savoirs essentiels au progrès du pays.