Réunis à Sunyani, des acteurs de la restauration des paysages au Ghana ont confronté leurs pratiques de terrain pour améliorer le taux de survie des jeunes plants. Au-delà des techniques sylvicoles, ces échanges soulignent la nécessité de repenser les modèles économiques pour assurer la pérennité des projets de reforestation.
Optimiser la croissance et la plantation
L'idée reçue selon laquelle un plant imposant est plus robuste est remise en question par les professionnels. Dr Eva Agana, de Talmond Limited, souligne qu'une croissance trop prolongée en pépinière peut nuire à l'adaptabilité du végétal face aux conditions naturelles, comme le vent. Une transplantation précoce favoriserait, à terme, une meilleure résilience. Parallèlement, le choix du site est crucial : Akosua Pokuaa Yeboah, de Tropenbos Ghana, insiste sur l'analyse du terrain. Dans les zones inondables, la création de monticules est indispensable pour éviter la perte des plants. Le suivi post-plantation est tout aussi déterminant, notamment pour diagnostiquer les causes de mortalité — choc de transplantation ou parasites — avant toute opération de remplacement.
Lier restauration forestière et revenus locaux
La réussite d'un projet de restauration ne dépend pas uniquement de la biologie, mais aussi de son intégration sociale. Okyere-Boateng Yaw Junior, de Obaatanpa Nyame Nti Ltd, met en avant le lien étroit entre l'agroforesterie et les moyens de subsistance des communautés riveraines. En structurant des plantations qui génèrent des revenus, les organisations renforcent l'engagement des populations locales, garantissant ainsi une meilleure protection des zones forestières sur le long terme.
Vers de nouveaux modèles de financement
La dépendance historique aux subventions philanthropiques est désormais identifiée comme un frein à la durabilité des projets. Eric Lartey, du World Resources Institute (WRI), préconise une transition vers des investissements du secteur privé. L'approche émergente du financement basé sur les résultats, déjà éprouvée dans les secteurs de la santé et de l'éducation, est explorée pour attirer des capitaux privés. L'enjeu est de transformer les subventions classiques en leviers capables de catalyser des flux financiers plus pérennes.
Le rôle clé des institutions locales
La pérennité des efforts de restauration repose également sur une gouvernance ancrée dans le territoire. Selon le WRI, le leadership local ne se limite pas à la participation des communautés, mais inclut une collaboration étroite avec les structures traditionnelles et les autorités locales. Ce partage d'expérience entre organisations, des plus expérimentées aux nouveaux acteurs, permet de standardiser les bonnes pratiques et d'assurer une gestion rigoureuse des ressources naturelles sur l'ensemble du territoire ghanéen.