Au Ghana, l'entrepreneuriat des jeunes face au défi de l'accès au capital et aux compétences

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 23 lectures
Au Ghana, l'entrepreneuriat des jeunes face au défi de l'accès au capital et aux compétences

Avec une population dont 38 % est composée de jeunes, le Ghana fait face à un impératif économique majeur : générer environ 300 000 nouveaux emplois chaque année pour répondre à la demande croissante. Si ce dividende démographique représente un moteur potentiel, sa concrétisation se heurte à des barrières structurelles persistantes, allant du déficit de compétences techniques à un accès au crédit prohibitif.

Le poids des barrières structurelles sur l'emploi

La simple ambition entrepreneuriale ne suffit plus dans un marché où les coûts d'emprunt peuvent atteindre 40 % par an. De nombreux jeunes diplômés se retrouvent exclus du tissu économique, faute de connaissances financières, de maîtrise des outils numériques ou de liens avec les marchés. Ce fossé entre le potentiel académique et la réalité du terrain freine la création d'entreprises pérennes, transformant souvent l'entrepreneuriat en un parcours semé d'embûches financières et logistiques.

L'inclusion comme levier de performance économique

L'expérience montre que les programmes de formation doivent cibler prioritairement ceux qui subissent des discriminations systémiques, notamment les personnes en situation de handicap. Le cas d'Ayishetu Adam, une jeune femme atteinte d'albinisme, illustre cette nécessité : malgré un diplôme en communication, elle a dû se réorienter vers des compétences techniques en transformation agroalimentaire pour atteindre l'indépendance financière. Grâce à un accompagnement spécifique, elle génère aujourd'hui des revenus quotidiens allant jusqu'à 500 GHS, prouvant que la formation pratique est un vecteur direct d'autonomisation.

Optimiser la productivité par l'accès aux services

Au-delà de la formation, l'accès aux infrastructures est déterminant pour la viabilité des projets. Salifu Suale, un agriculteur en situation de handicap, a vu sa productivité transformée après avoir été mis en relation avec des prestataires de services de mécanisation locaux. Cette connexion a permis de réduire les délais de récolte et d'améliorer la qualité de sa production de soja, sécurisant ainsi ses revenus. Ces exemples soulignent une leçon stratégique pour les décideurs et le secteur privé : l'investissement ne doit pas se limiter à l'éducation, mais doit construire des systèmes permettant de convertir ces compétences en valeur ajoutée réelle sur le marché.

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