Face à la montée des violences juvéniles, la région du Haut-Ouest au Ghana mise sur l'investissement dans le capital humain. Le fonds éducatif initié par le Conseil des Imams, désormais actif depuis quatre ans, s'impose comme un levier stratégique pour favoriser la cohésion sociale et l'accès au savoir.
Un levier contre l'insécurité
Lors de la quatrième édition du fonds de dotation éducatif du Haut-Ouest, le ministre régional, Charles Lwanga Puozuing, a souligné que le véritable potentiel de la région réside dans sa population plutôt que dans ses ressources naturelles. Ce fonds, placé sous le thème de la lutte contre la violence par l'éducation, vise à promouvoir des valeurs de discipline et de tolérance. Pour les autorités, l'école constitue le rempart le plus efficace contre la délinquance et le désœuvrement, appelant à une responsabilité partagée entre l'État, le corps enseignant et les jeunes eux-mêmes.
Une dynamique d'inclusion sociale
Le fonds se distingue par une gestion axée sur le mérite et le besoin, dépassant les clivages confessionnels. Bien qu'administré par le bureau de l'Imam régional, l'initiative soutient également des étudiants chrétiens, illustrant une volonté de cohabitation pacifique. La portée géographique est vaste, couvrant plus de 29 communautés et finançant des cursus variés allant de la médecine au droit, en passant par l'ingénierie et les sciences de la santé.
La parité au cœur des priorités
Les données récentes témoignent d'une évolution notable dans la stratégie d'attribution des bourses. En 2024, les bénéficiaires féminines ont représenté 59,2 % des aides, contre 41,4 % l'année précédente. Cette progression reflète une volonté délibérée de lever les barrières structurelles auxquelles les jeunes filles font face dans leur parcours académique, garantissant ainsi une meilleure représentativité au sein de la future élite régionale.
L'urgence face aux dérives juvéniles
Le professeur Mohammed Abdul Haadi-Ganiy Bolaji, intervenant lors de l'événement, a alerté sur l'ampleur du phénomène de la violence juvénile, qualifiée d'urgence de santé publique. À Wa, la capitale régionale, des affrontements entre groupes de jeunes issus de quartiers spécifiques et des épisodes de vandalisme en milieu scolaire ont été identifiés comme des signaux d'alarme. Ces comportements, souvent liés à des conflits interpersonnels, entraînent des conséquences graves, telles que le décrochage scolaire, l'addiction et une hausse de la criminalité, renforçant la nécessité d'une intervention éducative préventive.