Le 27 octobre 2026, le parc de l'école anglicane d'Odumase a été le théâtre d'une immersion culturelle inédite lors de la troisième édition du « Mock Durbar » du festival Ngmayem. Quatorze établissements scolaires de la région de Manya Krobo ont pris part à cette reconstitution fidèle des cérémonies traditionnelles, transformant les élèves en acteurs directs de leur propre héritage.
Une immersion pédagogique dans la gouvernance traditionnelle
Loin d'être une simple parade, cette initiative vise à combler le fossé générationnel qui menace la transmission des savoirs ancestraux. En incarnant des rôles clés tels que chefs, reines-mères, linguistes ou membres d'entourages royaux, les élèves apprennent concrètement les rouages de la gouvernance traditionnelle Krobo. L'exercice ne se limite pas à la forme : il intègre la diversité sociale de la région en représentant les communautés de colons Ewe, les populations musulmanes et Zongo, ainsi que la diaspora, illustrant ainsi le principe d'unité dans la diversité propre à cette aire traditionnelle.
Structurer l'engagement des jeunes générations
L'organisation du Mock Durbar repose sur une répartition précise des rôles entre les 14 écoles participantes. Chaque établissement s'est vu attribuer une fonction spécifique, allant de la représentation de la chefferie suprême (la Paramountcy de Manya Krobo) aux institutions étatiques et diplomatiques. Cette mise en situation permet aux jeunes de développer des compétences en leadership et en prise de parole en public, tout en renforçant leur sentiment d'appartenance à une communauté dont ils deviennent, par cet acte, les gardiens actifs.
Un modèle en pleine expansion
En seulement trois ans, cet événement est devenu un pilier incontournable du calendrier du festival Ngmayem. L'enthousiasme croissant des participants et du public confirme l'intérêt de cette méthode d'éducation culturelle par l'action. Les organisateurs voient désormais dans ce format un levier puissant pour projeter la richesse du patrimoine Krobo au-delà des frontières locales, transformant une célébration traditionnelle en une plateforme dynamique de rayonnement culturel et de citoyenneté pour la jeunesse ghanéenne.