Le festival Dɛng, célébration ancestrale du peuple Vagla dans la région de Savannah au Ghana, dépasse désormais sa dimension purement spirituelle pour devenir un espace de concertation politique et économique. Cette mutation, portée par l'Association de la jeunesse Vagla (VAYA), transforme cet événement traditionnel en un levier de plaidoyer pour les infrastructures et le développement des communautés locales.
Une tradition ancrée dans la résilience
Le festival Dɛng trouve ses racines dans l'histoire du peuple Vagla et de la communauté de Sonyor, qui a accueilli par le passé le groupe ethnique Chɔra. Cette alliance historique, scellée par la vénération de divinités communes, a donné naissance à des rituels de protection et de fertilité. La célébration, qui s'étend sur cinq jours entre avril et mai, est rythmée par la danse Zingɔ et des cérémonies de purification. Elle constitue un moment de cohésion sociale où les populations sollicitent des bénédictions pour leurs projets, leurs familles et leurs récoltes, tout en réaffirmant le respect des coutumes ancestrales.
Le tournant du dialogue politique
Depuis quatre ans, le festival intègre un durbar réunissant chefs traditionnels, leaders d'opinion et responsables politiques. Cette évolution permet aux citoyens d'interpeller directement les autorités sur leurs besoins en matière de services publics. Lors de l'édition 2026, le président John Dramani Mahama a marqué son soutien en faisant don d'un véhicule pick-up à la VAYA et d'une contribution financière de 20 000 GHS pour l'organisation de l'événement. Ce cadre de dialogue permet désormais aux officiels de rendre compte de leur gestion et d'annoncer des projets concrets.
Priorités de développement et infrastructures
Les échanges lors du festival ont permis de mettre en lumière des enjeux cruciaux pour la région de Savannah. Le gouvernement a réaffirmé ses engagements concernant l'amélioration de la couverture réseau, la réhabilitation de l'axe routier Bole-Sonyo-Gurbol et la mise en œuvre de projets d'adduction d'eau. Ces annonces, relayées par le député de Bole-Bamboi, Yusif Sulemana, soulignent l'importance de ce rendez-vous culturel comme canal de communication privilégié entre l'État et les populations rurales.
Un appel à la coexistence pacifique
Au-delà des enjeux de développement, le festival sert de tribune pour promouvoir la stabilité sociale. Les autorités traditionnelles appellent à une coexistence harmonieuse entre les agriculteurs locaux et les éleveurs nomades, insistant sur le respect des terres cultivables. La VAYA souligne que, malgré l'influence croissante des religions monothéistes, la préservation des pratiques rituelles reste un pilier fondamental de l'identité Vagla, indispensable à la cohésion et à la prospérité de la communauté dans un environnement en mutation.