Dans la municipalité de Tano North, au Ghana, l'implication des citoyens dans le suivi des projets d'infrastructure transforme la gestion publique locale. Grâce au travail du Comité d'audit social (SAC), les autorités municipales parviennent à mieux répondre aux besoins des populations tout en garantissant une meilleure exécution des chantiers.
Un mécanisme de surveillance indépendant
Créé en 2025, le Comité d'audit social opère dans les régions de Bono et d'Ahafo dans le cadre du programme PAIReD, soutenu par la coopération allemande (GIZ) et la fondation Mehoso International. Ce dispositif vise à instaurer une culture de redevabilité en surveillant l'intégralité du cycle de vie des projets, incluant les phases critiques de passation des marchés publics. L'objectif est clair : réduire le gaspillage des ressources et limiter les risques de corruption en assurant un contrôle citoyen indépendant sur le terrain.
Des résultats concrets sur les infrastructures
À ce jour, le comité a passé au crible onze projets d'infrastructures de santé et d'éducation dans la municipalité de Tano North. Pour huit d'entre eux, des mesures correctives ont été engagées suite aux recommandations des auditeurs citoyens. L'exemple de l'école primaire presbytérienne de Tanoso illustre cette réussite : les rénovations effectuées, validées par ce processus de suivi, ont permis d'améliorer les conditions d'apprentissage et de faire passer les effectifs de 20 à 65 élèves, témoignant de l'impact direct de la qualité des infrastructures sur l'accès à l'éducation.
Vers une intégration institutionnelle
Face à ces résultats, Thomas Benarkuu, PDG de la fondation Mehoso, plaide pour une intégration formelle du SAC au sein des systèmes de l'Assemblée municipale de Tano North. Cette institutionnalisation permettrait de pérenniser le modèle et d'assurer une meilleure gestion des fonds publics sur le long terme. De son côté, l'administration locale reconnaît l'utilité de cette collaboration : le directeur de coordination municipale, Alhaji Abubakari Musah, a confirmé que les recommandations du comité ont déjà conduit à l'inscription de lignes budgétaires dédiées à la maintenance des infrastructures dans le budget 2027.
Un modèle à vocation nationale
Le succès de cette initiative attire l'attention des partenaires internationaux, venus inspecter sur place l'efficacité de ce suivi citoyen. Au-delà de la simple amélioration des chantiers, les acteurs locaux soulignent que ce renforcement de la participation citoyenne pourrait améliorer durablement les relations entre les autorités et les administrés, favorisant ainsi une meilleure mobilisation des recettes locales. Le défi reste désormais de démontrer la viabilité de ce modèle pour un déploiement à plus grande échelle dans d'autres régions du pays.