Avec plus de 5 000 nouveaux cas et 2 300 décès annuels, le cancer du sein représente un défi sanitaire majeur au Ghana. Malgré les efforts de sensibilisation, les experts alertent sur l’urgence d’une détection précoce pour inverser cette tendance.
Un bilan alarmant malgré les campagnes de sensibilisation
Malgré les programmes de sensibilisation intensifs menés ces dernières années, le Ghana enregistre encore plus de 5 000 cas de cancer du sein chaque année, entraînant la mort de plus de 2 300 femmes. Ces chiffres, jugés « inacceptables » par les spécialistes, révèlent l’échec partiel des stratégies actuelles. Le taux de mortalité, proche de 50 %, souligne l’urgence d’agir, alors que la maladie reste traitable si elle est détectée à un stade précoce.
La détection précoce, clé pour réduire la mortalité
Les experts de Breast Care International (BCI) insistent sur l’importance des auto-examens réguliers et des dépistages systématiques en milieu hospitalier. Dr Beatrice Wiafe Addai, présidente de l’organisation, rappelle que le cancer du sein devient difficile à soigner une fois diagnostiqué à un stade avancé. Elle appelle les femmes à ne pas attendre l’apparition de symptômes pour consulter, une pratique encore trop répandue au Ghana. « Si les femmes consultaient dès l’apparition d’une masse dans le sein, leur espérance de vie augmenterait considérablement », souligne-t-elle.
Une mobilisation multisectorielle pour changer la donne
Plusieurs acteurs s’engagent aux côtés de BCI pour renforcer la prévention. L’hôtel Kempinski Gold Coast City et l’Église des Assemblées de Dieu de Nsawam (région de l’Est) ont récemment organisé des campagnes de sensibilisation ciblant les femmes et leurs familles. Ces initiatives visent à briser les tabous et à encourager un dépistage annuel, au-delà du mois d’octobre, mois dédié à la lutte contre le cancer du sein. Les partenaires soulignent l’importance d’une approche continue, loin des actions ponctuelles.
Le rôle des hommes et des communautés dans la prévention
L’épouse du surintendant régional des Assemblées de Dieu de l’Est, Mrs Princess Asiedu, a mis en avant le soutien des conjoints comme facteur clé dans la lutte contre la maladie. Elle a appelé les hommes mariés à accompagner leurs épouses en cas de diagnostic, rejetant l’idée que le cancer du sein soit une « condamnation à mort » lorsqu’il est détecté tôt. De son côté, Dr Elise Cook, ancienne de l’American Cancer Society et bénévole pour BCI, a comparé la situation ghanéenne à celle des États-Unis, où la mortalité est bien moindre grâce à une prise en charge précoce. Elle a plaidé pour une éducation sanitaire renforcée, notamment auprès des femmes rurales, souvent exclues des campagnes de dépistage.