La reine Máxima des Pays-Bas, en sa qualité d'avocate spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la santé financière, a rencontré des patients au Manna Mission Hospital d'Accra. Cette visite visait à analyser l'efficacité de la plateforme numérique NkwaPlus dans la gestion des maladies chroniques et son articulation avec les capacités financières des ménages.
Un modèle de soins hybride et connecté
Le programme NkwaPlus, fruit d'une collaboration entre PharmAccess, l'Autorité nationale d'assurance maladie (NHIA) et l'Association chrétienne de santé du Ghana (CHAG), propose une approche de soins basée sur la valeur. Concrètement, les patients souffrant d'hypertension ou de diabète utilisent cette application pour transmettre leurs constantes vitales, comme la tension artérielle, depuis leur domicile ou leur lieu de travail. Ce suivi à distance permet aux équipes médicales d'ajuster les traitements entre deux consultations physiques, optimisant ainsi le parcours de soin.
Le défi du financement des services digitaux
Au cœur des échanges avec la souveraine néerlandaise figurait la question du reste à charge pour les patients. Bien que ces derniers bénéficient du régime national d'assurance maladie (NHIS) pour leurs consultations classiques, le service de monitoring numérique n'est pas encore couvert par ce dispositif public. La reine Máxima a interrogé les usagers sur leurs motivations à financer eux-mêmes ces outils digitaux, soulignant l'enjeu crucial de l'arbitrage budgétaire pour les familles confrontées à des pathologies de longue durée.
Des résultats cliniques encourageants
Le projet pilote affiche des indicateurs de performance positifs : après douze mois, la proportion de patients hypertendus ayant stabilisé leur tension est passée de 50 % à 57,1 %. Plus de 90 % des participants recommandent par ailleurs l'usage de la plateforme. Face à ces résultats, les partenaires du projet travaillent désormais sur l'intégration de ces services digitaux dans les tarifs de remboursement de la NHIA. L'objectif est de passer d'un modèle de paiement à l'acte vers un système axé sur les résultats de santé, afin de pérenniser l'accès aux soins tout en protégeant les ménages contre les dépenses imprévues.