Dans le cadre de la Semaine de l'aide juridique 2026, la Commission d'aide juridique du Ghana a inauguré une initiative novatrice intitulée « La justice à votre porte ». Ce programme vise à briser les barrières géographiques et économiques qui empêchent les citoyens les plus vulnérables d'accéder à une assistance juridique formelle.
Une stratégie de proximité pour les travailleurs
Le constat est simple : pour de nombreux commerçants et chauffeurs de transport en commun, se rendre dans un bureau d'aide juridique signifie sacrifier une journée de revenus. En déplaçant ses services directement dans les lieux de vie et de travail, comme la gare routière principale de Techiman ou les marchés d'Accra, la Commission inverse la logique traditionnelle. Cette démarche permet d'atteindre une population qui, faute de moyens ou d'information, n'avait jusqu'alors jamais eu l'occasion de consulter un avocat.
Le recours à la médiation pour désengorger les tribunaux
Au-delà du conseil juridique, l'initiative met l'accent sur les modes alternatifs de résolution des conflits (MARC). En privilégiant la médiation et les règlements à l'amiable, la Commission propose une alternative rapide et moins conflictuelle aux procédures judiciaires classiques, souvent longues et coûteuses. Cette approche permet de traiter efficacement des litiges courants, tels que les différends fonciers, familiaux ou commerciaux, tout en réduisant la pression sur un système judiciaire national déjà fortement sollicité.
Un engagement pour l'équité devant la loi
Pour Justice Seidu Anafure, responsable régional de la Commission dans la région de Bono East, cette opération est une réponse directe à l'idée que la justice serait une marchandise réservée aux plus fortunés. Lors des sessions organisées sur le terrain, les citoyens ont pu bénéficier de consultations gratuites et d'une éducation juridique de base. Les retours des usagers, qui ont exprimé un besoin de régularité pour ces permanences mobiles, soulignent l'importance de cet effort de démocratisation du droit. La Commission réaffirme ainsi sa volonté de rendre l'assistance juridique accessible à tous, indépendamment de la profession ou du statut social.