Au Ghana, des projets routiers menacent l'intégrité écologique de la chaîne montagneuse Akwapim-Togo

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 29 lectures
Au Ghana, des projets routiers menacent l'intégrité écologique de la chaîne montagneuse Akwapim-Togo

La coalition d'organisations environnementales Weto Platform tire la sonnette d'alarme face aux conséquences désastreuses des travaux d'extraction de matériaux destinés à l'initiative gouvernementale « Big Push ». L'ouverture de carrières sauvages le long de la chaîne montagneuse Akwapim-Togo, dans les régions de la Volta et de l'Oti, fragilise les écosystèmes locaux et expose les populations à des risques naturels accrus.

Risques géologiques et dégradation des sols

Les activités d'excavation menées à Anyirawaes et Santeokodi, sans études d'impact environnemental préalables ni plans de restauration, déstabilisent dangereusement les pentes. Selon la Weto Platform, ces travaux ont déjà provoqué des glissements de terrain et des inondations récurrentes. La situation est jugée critique pour les infrastructures situées en contrebas, notamment le centre d'apprentissage de l'Université du Ghana à Tsito, où la menace de catastrophes naturelles est exacerbée par l'instabilité des versants.

Menaces sur les ressources hydriques et l'économie locale

Parallèlement aux carrières, le détournement et le dragage de la rivière Asukawkaw par un opérateur privé suscitent de vives inquiétudes. Cette intervention a entraîné une dégradation de la qualité de l'eau, compromettant les activités de pêche et augmentant les risques sanitaires pour les riverains. L'impact économique est direct : la destruction d'une plantation de palmiers à huile, réalisée sans concertation ni indemnisation, a accentué la précarité des communautés locales, créant un climat de tension sociale grandissant.

Crise de gouvernance et érosion de la confiance

La Weto Platform pointe du doigt l'inaction de la Commission des ressources en eau du Ghana, dont le manque de contrôle est perçu comme un signe de faiblesse institutionnelle. La gestion de la réserve naturelle d'Asukawkaw est également contestée, des allégations faisant état d'autorisations de pâturage accordées à certains acteurs au détriment des populations locales. Ce climat de méfiance a conduit au retrait des volontaires chargés de la protection contre les feux de brousse, laissant la réserve vulnérable.

Exigence de responsabilité et alternatives durables

Face à ces constats, les défenseurs de l'environnement réclament l'ouverture d'une enquête immédiate et la réhabilitation des sites dégradés. Ils exhortent les entreprises de construction à privilégier des méthodes d'approvisionnement alternatives qui ne sacrifient pas la biodiversité au nom du développement routier. Ces pratiques, jugées contre-productives, contredisent les engagements climatiques du Ghana et pourraient, selon les observateurs, décourager les investissements internationaux soucieux de la gouvernance environnementale.

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