Au-delà des slogans électoraux, le sport marocain exige une véritable vision politique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 29 lectures
Au-delà des slogans électoraux, le sport marocain exige une véritable vision politique

À l'approche des échéances électorales, le sport au Maroc est trop souvent réduit à des slogans creux comme « Hokoumat L’Mondial ». Si le Royaume a su bâtir un rayonnement international grâce à une vision royale ambitieuse, les partis politiques peinent à traduire cette dynamique en politiques publiques structurantes, capables de transformer le sport en un véritable moteur de développement social et économique.

Le sport comme levier d'insertion et de cohésion sociale

Face au défi du chômage des jeunes, le sport représente un gisement d'emplois sous-exploité. Au-delà de la pratique, l'écosystème sportif génère des besoins en encadrement, gestion d'infrastructures et entrepreneuriat social. Si des initiatives portées par la société civile, à l'instar de TIBU Africa, démontrent l'efficacité de l'accompagnement des jeunes non diplômés, l'absence d'un cadre juridique clair pour l'entrepreneuriat social freine le passage à l'échelle. Par ailleurs, la gestion de la violence dans les stades demeure un enjeu de société majeur, nécessitant que les candidats tranchent entre une approche purement sécuritaire, une stratégie éducative préventive ou une mutation du spectacle sportif en un produit économique régulé.

Vers une professionnalisation de l'industrie sportive

Sur le plan économique, le passage de l'amateurisme au professionnalisme reste entravé par des résistances structurelles. La confusion des rôles, où des dirigeants de clubs utilisent le sport comme un tremplin politique, empêche l'émergence d'une véritable industrie créatrice de valeur. Les décideurs doivent désormais définir un modèle économique pérenne pour le championnat national : faut-il privilégier un modèle de compétitivité financière à l'image des ligues européennes, ou un modèle axé sur la formation et l'exportation de talents ? Ces choix, qui touchent à la libéralisation des droits TV et au financement des clubs, sont des décisions politiques qui exigent une rupture avec les pratiques actuelles.

Institutionnaliser le soft power marocain

L'organisation de méga-événements, comme la Coupe du Monde 2030, constitue une opportunité historique de « nation building ». Toutefois, pour contrer les tentatives de déstabilisation informationnelle et le « sharp power » étranger, le Maroc gagnerait à institutionnaliser son influence. La création d'une agence de diplomatie sportive, articulant les enjeux diplomatiques, touristiques et sportifs, permettrait de piloter une doctrine de branding national cohérente. Une telle structure pourrait également coordonner l'expertise marocaine à l'échelle continentale, transformant le succès sportif en un capital diplomatique durable et résilient face aux enjeux géopolitiques actuels.

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