Au Burundi, la crise énergétique menace la survie des médias et le droit à l'information

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Au Burundi, la crise énergétique menace la survie des médias et le droit à l'information

Les médias burundais, qu'ils soient privés ou communautaires, font face à une crise opérationnelle sans précédent. Les coupures récurrentes d'électricité, couplées à une pénurie chronique de carburant, paralysent la production, la diffusion et la viabilité financière de nombreuses rédactions.

Une paralysie des activités de terrain et de diffusion

La situation est devenue critique pour des acteurs comme la Radiotélévision Isanganiro (RTI), Bonesha FM ou encore le groupe de presse Iwacu. Les délestages intempestifs et l'impossibilité d'alimenter les groupes électrogènes, faute de carburant disponible à des prix abordables, forcent les médias à suspendre leurs émissions en direct et à retarder le bouclage de leurs journaux. Cette instabilité technique entrave le travail des journalistes, limitant les reportages de terrain et, par ricochet, la diversité et la qualité de l'information proposée aux citoyens.

Un impact financier insoutenable

Le coût de la survie est devenu prohibitif. Pour maintenir leurs équipements en état de marche, les médias sont contraints de se fournir sur le marché noir, où le prix du carburant atteint des sommets, dépassant les 300 000 BIF pour 20 litres. Cette charge financière, ajoutée à la perte de revenus publicitaires — les partenaires se retirant face aux interruptions de diffusion — place de nombreuses structures dans une précarité extrême. Certains responsables redoutent désormais une cessation définitive d'activité si aucune mesure d'accompagnement n'est prise.

Le plaidoyer pour un statut prioritaire

Face à l'urgence, les professionnels des médias, soutenus par l'Association burundaise des Radiodiffuseurs (ABR), appellent les autorités à reconnaître le secteur comme une activité nécessitant une continuité minimale. Ils ne réclament pas de gratuité, mais une dérogation permettant un accès prioritaire et régulier au carburant, ainsi qu'une sécurisation de l'approvisionnement électrique. Si le Conseil national de la communication (CNC) se déclare incompétent pour résoudre les problèmes techniques de la Regideso, les acteurs du secteur insistent sur la nécessité d'un plaidoyer politique fort pour préserver le droit du public à une information vérifiée.

Vers une transition énergétique nécessaire

Au-delà de la gestion de crise immédiate, la question de la résilience des médias est posée. Plusieurs directeurs de médias, dont ceux de Rema FM et du Collectif des radios communautaires, envisagent désormais le recours à l'énergie solaire comme une solution durable. Toutefois, cet investissement reste hors de portée pour la majorité des structures en raison de leur situation financière dégradée, appelant ainsi les partenaires techniques et financiers à soutenir cette transition technologique pour garantir l'indépendance énergétique des rédactions face aux aléas du réseau national.

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