Le Burkina Faso voit émerger des solutions technologiques ambitieuses pour répondre aux défis de la préservation culturelle et de l'inclusion numérique. Sélectionnés lors de la deuxième édition de « Le Faso Digital », les projets CHICFASO Analytics, DOC ART et SabiData illustrent comment le numérique peut servir de levier pour valoriser le patrimoine, sécuriser la mémoire collective et intégrer les langues nationales dans l'intelligence artificielle.
Optimiser l'expérience touristique par la donnée
CHICFASO Analytics, porté par Sankara Charles David Yamba, propose une approche innovante de la gestion des sites touristiques. En utilisant des QR codes accessibles sans installation d'application, la plateforme collecte en temps réel les retours et comportements des visiteurs. Cet outil permet aux gestionnaires de sites de mieux comprendre les flux, d'anticiper les pics de fréquentation et d'orienter les touristes vers des lieux moins connus. L'interface, disponible en français, mooré et dioula, témoigne d'une volonté d'adapter les services numériques aux réalités socioculturelles locales.
Préserver la mémoire africaine avec l'intelligence artificielle
Face à la fragilité des archives documentaires et photographiques, le projet DOC ART d'Aboubacar Dagnoko explore une voie hybride entre création artistique et technologie. L'initiative utilise l'intelligence artificielle pour organiser et valoriser des fonds documentaires tout en garantissant une éthique rigoureuse. Pour assurer la souveraineté sur ces données, le projet repose sur une architecture combinant serveurs locaux et cloud distribué, permettant ainsi de conserver l'authenticité des documents tout en facilitant leur diffusion et leur sauvegarde à long terme.
Inclure les langues nationales dans l'ère technologique
SabiData, initié par Abdoulaye Ouédraogo, s'attaque à l'exclusion numérique des langues locales dans le développement des technologies vocales. La plateforme fonctionne comme un écosystème participatif où les citoyens contribuent à la collecte de données vocales, validées ensuite par des pairs. Ce modèle intègre des dimensions cruciales comme l'usage hors connexion, la prise en compte des variations dialectales et une rémunération équitable des contributeurs. En transformant les langues nationales en ressources stratégiques, SabiData ambitionne de rendre les futurs outils d'intelligence artificielle accessibles aux populations burkinabè dans leur propre langue.