Une immersion pédagogique de dix jours a permis à près de 300 enseignants des Circonscriptions d’éducation de base (CEB) de Bourasso, Barani et Sono, dans la région du Mouhoun, de se former à l’enseignement en jula et en français. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale d’intégration des langues nationales dans le système éducatif burkinabè, en vue de la rentrée scolaire 2026-2027.
Une réforme éducative ancrée dans les langues locales
La session de formation, lancée le 1er septembre 2026, marque une étape concrète dans la mise en œuvre de l’éducation bi-plurilingue au Burkina Faso. Les enseignants ont été formés à la transcription, à la grammaire et à l’orthographe normalisée du jula, l’une des langues nationales prioritaires du pays. L’objectif ? Leur offrir les outils pédagogiques nécessaires pour dispenser un enseignement de qualité dans les deux langues, conformément à la formule harmonisée adoptée par les autorités.
Des méthodes pédagogiques adaptées aux réalités locales
Au-delà de la maîtrise linguistique, les participants ont été initiés aux approches didactiques de l’Approche pédagogique intégratrice (API). Cette méthode, centrée sur l’élève et son environnement, vise à rendre l’apprentissage plus accessible et pertinent. Les enseignants ont également travaillé sur l’élaboration de fiches pédagogiques adaptées, un exercice clé pour structurer leurs cours et garantir une transmission efficace des savoirs.
Un accompagnement renforcé pour les encadreurs
La formation a ciblé non seulement les enseignants, mais aussi les directeurs d’écoles bilingues et les encadreurs de proximité. Sous la coordination des Chefs de circonscription d’éducation de base (CCEB) Missa Sanou, André Dié et Yelkouhan Abel Somé, les inspecteurs Jérémy Coulibaly, Ossé Coulibaly et Mathias Koussoubé ont animé des exposés interactifs, des échanges et des travaux de groupe. Ces interactions ont permis de clarifier les exigences de la réforme et de préparer les acteurs à son déploiement imminent.
Un pas vers une école plus inclusive
Cette initiative s’aligne sur les orientations nationales visant à renforcer l’intégration des langues nationales dans le système éducatif burkinabè. En outillant les enseignants des CEB de Mouhoun, les autorités cherchent à réduire les barrières linguistiques et à améliorer la qualité de l’enseignement. Une démarche qui pourrait, à terme, favoriser une meilleure appropriation des savoirs par les élèves et une réduction des inégalités éducatives dans les zones rurales.