Au Burkina Faso, les catholiques de Manni reportent l’Assomption pour prier la paix malgré l’insécurité

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Au Burkina Faso, les catholiques de Manni reportent l’Assomption pour prier la paix malgré l’insécurité

Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante au Burkina Faso, les fidèles catholiques de la paroisse Saint-Alphonse de Manni ont choisi de célébrer en différé la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, transformant cette fête religieuse en un appel collectif à la paix.

Une célébration reportée pour une neuvaine de prières

Alors que la solennité de l’Assomption était traditionnellement célébrée le 15 août, les chrétiens de Manni, dans la province du Gnagna, ont dû adapter leur programme en raison de l’absence temporaire de leur curé. Les catéchistes ont alors organisé une célébration de la Parole de Dieu ce jour-là, tandis que la messe solennelle a été reportée au dimanche suivant, le 23 août 2026.

Cette décision a permis aux fidèles de consacrer neuf jours de neuvaine à la prière, une période durant laquelle ils ont multiplié les supplications pour la paix, tant au niveau local que national. L’abbé Paulin Mano, revenu dans la paroisse en début de semaine, a présidé la cérémonie, soulignant l’importance de cette démarche collective dans un pays en proie à des violences récurrentes.

Une procession et une messe sous le signe de l’espérance

Dès l’aube du dimanche, les fidèles se sont rassemblés à la grotte mariale pour réciter le chapelet, avant d’entamer une procession mariale en direction de l’église paroissiale. La chorale Sainte-Cécile de Manni a animé la messe avec des chants de louange, des cantiques mariaux et la Litanie des Saints, créant une atmosphère de recueillement et de ferveur.

Dans son homélie, l’abbé Paulin Mano a rappelé le rôle central de la Vierge Marie dans la foi chrétienne, l’invitant à être un modèle de persévérance pour les croyants. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de prier pour la paix, décrivant Marie comme une mère attentive dont l’intercession peut guider les fidèles vers le Christ. Cette dimension spirituelle s’est doublée d’un message d’unité, alors que le président du Conseil paroissial des laïcs, Lankoandé Emmanuel, a salué le retour du curé et appelé à la cohésion communautaire.

Un message de paix ancré dans la crise sécuritaire

La célébration de l’Assomption à Manni n’a pas seulement été un acte de dévotion : elle s’est imposée comme une réponse spirituelle à l’insécurité qui frappe le Burkina Faso. Les prières collectives, les chants et les homélies ont tous convergé vers une seule intention, celle de la paix, tant pour les familles que pour l’ensemble du pays. Cette mobilisation religieuse reflète une réalité plus large, où les communautés locales cherchent des repères dans un environnement marqué par l’instabilité.

À l’issue de la messe, l’ambiance est restée fraternelle, les fidèles prolongeant leur communion par des chants et des acclamations en l’honneur de la Vierge Marie. Cette célébration, bien que reportée, a ainsi offert un moment de réconfort et d’espérance, rappelant que la foi peut être un ancrage dans les périodes de crise.

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