À Tenkodogo, la région du Nakambé a lancé une conférence régionale dédiée à la formalisation de l’économie informelle, un secteur qui emploie des milliers de Burkinabè mais reste miné par des obstacles structurels. Organisée sous le thème « La formalisation des unités économiques : un levier pour la souveraineté économique du Burkina Faso », cette rencontre vise à transformer un vivier d’emplois informels en un moteur de croissance durable et inclusive.
Un secteur vital mais fragilisé par des défis persistants
L’économie informelle représente une part majeure de l’activité économique au Burkina Faso, générant des revenus pour des milliers de ménages et jouant un rôle clé dans la création d’emplois. Pourtant, les acteurs de ce secteur font face à des difficultés structurelles : accès limité aux financements bancaires, exclusion des marchés publics, absence de protection sociale et manque d’accompagnement technique. Ces obstacles freinent leur compétitivité et leur capacité à se développer, malgré leur contribution essentielle à l’économie locale.
Le gouvernement mise sur la formalisation comme levier stratégique
Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement burkinabè a inscrit la formalisation de l’économie informelle comme un axe central de sa politique économique. Intégrée au Plan RELANCE 2026-2030 et à la Stratégie nationale de l’Emploi (SNE-BF 2025-2029), cette démarche vise à sécuriser les entreprises informelles, améliorer leur accès aux financements et aux marchés publics, et renforcer leur résilience face aux crises. La conférence régionale de Tenkodogo s’inscrit dans cette logique, en offrant aux acteurs un cadre d’échange et d’information sur les avantages concrets de la formalisation.
Des recommandations attendues pour booster l’emploi et la croissance
Les participants, issus des secteurs public et privé, sont invités à formuler des recommandations visant à faciliter la transition vers l’économie formelle. L’objectif est double : réduire le chômage des jeunes, particulièrement touché par l’instabilité du marché du travail, et renforcer la souveraineté économique du pays en capitalisant sur les ressources locales. Les organisateurs insistent sur la nécessité d’un accompagnement de proximité, notamment dans les zones rurales, où l’accès à l’information et aux services reste limité. À terme, cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres régions du Burkina Faso engagées dans une dynamique similaire.