Face aux défis récurrents de la soudure pastorale, plus de 140 éleveurs de la commune de Piéla, dans la province de la Gnagna, ont bénéficié d'une formation technique sur la production de blocs multinutritionnels (BMN). Cette initiative, portée par la Direction générale des productions animales et le Projet de résilience et de compétitivité de l’élevage (PRECEL), vise à renforcer l'autonomie alimentaire des exploitations face à la raréfaction des ressources fourragères.
Une solution technique pour pallier le déficit fourrager
La technologie des blocs multinutritionnels répond à un enjeu majeur : la valorisation des fourrages pauvres, tels que les pailles, dont la valeur nutritionnelle chute drastiquement durant la saison sèche. En apportant un complément concentré en azote et en minéraux, ces blocs facilitent la digestion des ruminants — bovins, ovins et caprins — et permettent de maintenir leur état corporel malgré des conditions climatiques difficiles. Cette méthode offre ainsi une alternative concrète pour stabiliser la santé du cheptel lorsque les pâturages naturels ne suffisent plus à couvrir les besoins nutritionnels de base.
Réduction des coûts de production pour les éleveurs
Au-delà de l'aspect zootechnique, l'adoption des BMN représente un levier économique pour les producteurs locaux. L'utilisation de ces blocs permet de limiter la dépendance aux aliments concentrés du commerce, comme le son ou les tourteaux, dont le coût pèse lourdement sur les budgets des exploitations. En apprenant à fabriquer ces compléments avec des moyens locaux, les éleveurs peuvent optimiser leurs charges opérationnelles tout en sécurisant la productivité de leurs animaux.
Un déploiement stratégique sur plusieurs régions
La session de Piéla s'inscrit dans une campagne de vulgarisation plus vaste, comprenant sept séances de démonstration pratique organisées entre le 7 et le 14 septembre 2026. Ce programme cible les régions du Goulmou, du Kuilsé, de l’Oubri et du Yaadga. L'objectif affiché par les autorités provinciales, représentées par le directeur provincial des ressources animales Ibrahima Sangaré, est de favoriser l'appropriation de ces innovations par les éleveurs eux-mêmes. En rendant ces techniques reproductibles à l'échelle locale, le projet ambitionne de renforcer durablement la résilience des systèmes d'élevage face aux aléas climatiques qui rythment la vie pastorale au Burkina Faso.