Au Bénin, des adolescents délaissent les cours de vacances pour l'apprentissage de métiers manuels

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 50 lectures
Au Bénin, des adolescents délaissent les cours de vacances pour l'apprentissage de métiers manuels

À Cotonou, une mutation des habitudes est en cours chez les adolescents béninois durant la période estivale. Plutôt que de se concentrer exclusivement sur les cours de soutien scolaire, de nombreux jeunes choisissent désormais de s'immerger dans des ateliers artisanaux et techniques pour acquérir des compétences pratiques, une démarche soutenue par une volonté croissante d'autonomie financière.

Une quête d'autonomie précoce

Pour des jeunes comme Tobi, 18 ans, ou Béni, l'apprentissage d'un métier — qu'il s'agisse de la coiffure ou de l'informatique — représente une stratégie d'anticipation face aux défis de la vie étudiante. En investissant leur temps libre dans des formations techniques, ces adolescents cherchent à diversifier leurs sources de revenus et à réduire leur dépendance financière vis-à-vis de leurs parents. Cette pratique, initiée parfois dès les vacances précédentes, se poursuit souvent en marge du calendrier scolaire, permettant une montée en compétence progressive.

Le changement de paradigme des parents

L'adhésion des parents à cette tendance marque une rupture avec les modèles éducatifs traditionnels, longtemps focalisés sur la réussite académique pure. Certains pères de famille, autrefois réticents à l'idée que leurs enfants exercent des activités rémunérées par crainte d'un désintérêt pour les études, ont révisé leur position. Face à la réalité du marché de l'emploi, où des diplômés de l'enseignement supérieur peinent parfois à s'insérer, ces parents voient désormais dans l'apprentissage technique une « corde supplémentaire à l'arc » de leurs enfants, garantissant une meilleure résilience face à l'incertitude économique future.

L'accompagnement pédagogique comme condition de réussite

L'engouement pour ces mini-stages ne doit cependant pas occulter les enjeux de bien-être des jeunes. Valérie Mitokpè, psychopédagogue, souligne que cette immersion dans le monde artisanal est une opportunité d'apprentissage précieuse, à condition qu'elle soit choisie et non imposée. Elle insiste sur la nécessité d'un cadre structuré : les horaires doivent être négociés pour éviter que l'expérience ne se transforme en corvée ou en travaux forcés. Selon l'experte, l'objectif est de stimuler la curiosité et l'observation chez l'enfant, en faisant de ces vacances un temps d'exploration professionnelle plutôt qu'une simple extension du cadre scolaire ou une contrainte supplémentaire.

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