Le suspect de la fusillade survenue le 23 octobre à Trappes et La Verrière a reconnu avoir délibérément visé des personnes qu'il percevait comme musulmanes ou d'origine africaine. Cette attaque, qui a causé la mort d'un jeune homme de 26 ans et fait sept blessés, est désormais traitée par le Parquet national antiterroriste comme un assassinat en relation avec une entreprise terroriste.
Une préméditation confirmée par l'enquête
Les investigations menées par les autorités ont mis en lumière la préparation minutieuse de cet acte criminel. Kévin T., âgé de 39 ans, a admis avoir acquis dès le mois de septembre des équipements spécifiques, dont un pistolet-mitrailleur de type Sten datant de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des accessoires de maintien de l'ordre tels qu'un brassard de police et des menottes. La perquisition de son domicile à Plaisir a révélé un arsenal hétéroclite, incluant des chargeurs, des armes blanches et des ouvrages idéologiques, dont le livre d'Adolf Hitler, Mein Kampf.
Revendication idéologique et profil du suspect
Lors de ses auditions, l'assaillant a justifié son passage à l'acte en qualifiant la ville de Trappes de « repaire d'islamistes ». Bien qu'il nie être adhérent à un parti politique, les enquêteurs ont découvert des autocollants à la gloire du Rassemblement national conçus par le suspect lui-même. Malgré ses déclarations sur des troubles psychologiques, les examens médicaux n'ont pas révélé de pathologie psychiatrique décompensée justifiant une irresponsabilité pénale. Le suspect, qui affirme ne ressentir « aucun regret », conteste toutefois la qualification terroriste de ses actes.
Réactions politiques et hommage national
L'attentat a suscité une vive polémique au sommet de l'État. Le président Emmanuel Macron a dénoncé un « racisme d'atmosphère » et une « désinhibition des violences », pointant directement la responsabilité de mouvements d'extrême droite. Ces propos ont été fermement rejetés par le Rassemblement national, qui a renvoyé la responsabilité de la dégradation du climat social au chef de l'État. Face à la gravité de cet événement, le gouvernement a annoncé qu'un hommage national serait rendu aux victimes, dont Pengo Bossio Wangi, décédé lors de l'attaque. La date de cette cérémonie reste suspendue à l'évolution de l'état de santé des trois victimes encore hospitalisées.