Atiku face à la question Subvention : le retour d'un candidat qui défie Tinubu sur le terrain du pouvoir d'achat

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 38 lectures
Atiku face à la question Subvention : le retour d'un candidat qui défie Tinubu sur le terrain du pouvoir d'achat

Atiku Abubakar, candidat du Congrès Démocratique Africain (ADC) à la présidence nigériane, a ravivé un débat brûlant en promettant de réintroduire la subvention sur les carburants si il est élu. Une promesse qui a provoqué l'ire du gouvernement Tinubu et relancé les critiques sur l'inconsistance historique du candidat.

Le retour de la subvention au cœur de la campagne

Depuis l'annonce par Atiku Abubakar de son intention de réintroduire la subvention sur les carburants, le gouvernement Bola Ahmed Tinubu peine à trouver la bonne réponse. Le porte-parole présidentiel, Bayo Onanuga, a qualifié l'ancien vice-président de « candidat perpétuel à la présidence », tandis que le chef de l'État lui-même a estimé qu'il était « ignorant des affaires de gouvernance ». Pour autant, le pouvoir en place semble déstabilisé par cette prise de position, au point de multiplier les réactions, rumeurs et attaques contre chaque déclaration de l'ancien candidat.

Un parcours semé de revirements

Atiku Abubakar n'en est pas à sa première tentative : depuis 2007, il a successivement brigué la présidence en 2007, 2011, 2015, 2019 et 2023. Chaque campagne a toutefois apporté son lot de thèmes différents. En 2007, il mettait l'accent sur la nécessité d'un changement face à la pauvreté et aux déficiences infrastructurelles. En 2011, c'est la diversification de l'économie, alors qu'il proposait de réduire la dépendance du Nigeria au pétrole. En 2015, c'était la vision d'un « Nigeria pour tous », axé sur l'éducation, la santé et la sécurité. Des positions qui contrastent fortement avec son engagement actuel en faveur du retour de la subvention.

Les chiffres d'une détresse économique

La promesse d'Atiku résonne d'autant plus que la suppression de la subvention par le président Tinubu en mai 2023 a durement frappé les Nigérians. Selon le Bureau National des Statistiques, 133 millions de Nigérians vivent aujourd'hui dans la pauvreté multidimensionnelle, soit 63 % de la population. Le gouvernement a beau promouvoir les infrastructures de transport au gaz naturel comprimé (GNC), celles-ci ne couvrent que 12 % des besoins après plus de trois ans au pouvoir.

Un débat légitime sur les conséquences d'une politique

Si Atiku fait indéniablement preuve d'inconstance, la question qu'il soulève n'en demeure pas moins pertinente. Un expert en économie cité dans l'article souligne que si la Banque Centrale a pu stabiliser les indicateurs macroéconomiques grâce à la suppression de la subvention, les indices microéconomiques — ceux qui touchent directement le quotidien des citoyens — restent dégradés. Toute politique qui n'améliore pas le bien-être des populations mérite d'être réexaminée, souligne-t-il. Le gouvernement Tinubu n'a d'ailleurs pas hésité à développer les infrastructures GNC, preuve que des ajustements sont en cours. Le fait qu'Atiku ait lui-même pu soutenir la suppression de la subvention par le passé ajoute à la confusion, mais ne invalide pas la question de fond.

Ce qui est certain, c'est que le destin de 240 millions de Nigérians ne saurait se réduire à une seule politique appauvrissante.

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