L'ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar a officiellement lancé sa campagne présidentielle sous la bannière de l'African Democratic Congress (ADC) à Sokoto. Ce déplacement s'est déroulé dans un climat de vive tension, marqué par des accusations d'obstruction de la part du gouvernement local et une mobilisation importante de ses partisans.
Un déploiement sous haute tension
L'arrivée d'Atiku Abubakar à Sokoto a été ponctuée par des difficultés logistiques majeures, son cortège ayant été ralenti par une foule dense sur le trajet reliant l'aéroport au centre-ville. Ce lancement de campagne intervient dans un contexte de bras de fer avec les autorités de l'État. Le parti ADC a publiquement dénoncé des entraves à ses activités, citant notamment la fermeture forcée de ses bureaux et des restrictions d'accès aux infrastructures publiques. De son côté, le gouvernement de l'État rejette ces allégations d'intimidation, tandis que le Département des services de sécurité (DSS) a formellement démenti les accusations d'Atiku concernant un prétendu complot visant à perturber le meeting.
L'appel à l'alternance en 2027
Profitant de cette tribune, l'ADC a exhorté les citoyens nigérians à tirer les leçons des récentes élections de mi-mandat aux États-Unis. Le parti a qualifié ces résultats de sanction contre les politiques économiques du pouvoir en place, invitant les électeurs nigérians à faire de même en 2027. Selon le porte-parole de l'ADC, Bolaji Abdullahi, le scrutin doit servir d'instrument de reddition de comptes face à la dégradation du coût de la vie et aux défis sécuritaires actuels.
Priorités programmatiques et opposition
Accompagné par des figures politiques locales, dont l'ancien gouverneur Aminu Tambuwal, Atiku Abubakar a réitéré ses critiques contre la gestion du président Bola Tinubu. Le programme de l'ADC, articulé autour des slogans « Rendre le Nigeria abordable, sûr et pourvoyeur d'emplois », se veut une réponse directe aux difficultés quotidiennes des populations. Le candidat propose des réformes structurelles, notamment sur les tarifs de l'électricité et la fiscalité, tout en insistant sur la nécessité d'une évaluation rigoureuse du bilan de l'administration actuelle plutôt que sur des allégeances partisanes traditionnelles.