Atiku Abubakar interpelle le gouvernement sur le coût humain de l'insécurité dans le « grenier » du Nigeria

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
Atiku Abubakar interpelle le gouvernement sur le coût humain de l'insécurité dans le « grenier » du Nigeria
Photo par Bobography sur Pexels

L'ancien vice-président nigérian, Atiku Abubakar, a vivement critiqué la gestion sécuritaire de l'administration Tinubu, soulignant le lien direct entre la violence persistante dans l'État du Benue et l'inflation alimentaire galopante. Il estime que les citoyens, déjà éprouvés par la suppression des subventions sur le carburant, ne peuvent supporter le poids supplémentaire d'une insécurité qui menace leur survie physique et économique.

Le Benue, un grenier national en péril

Surnommé le « grenier de la nation », l'État du Benue traverse une crise sécuritaire profonde qui entrave directement la production agricole. Selon les données citées par Atiku Abubakar, s'appuyant sur un rapport d'Amnesty International, près de 6 896 personnes auraient perdu la vie dans cet État au cours des deux premières années du mandat de Bola Tinubu. Ces violences, qui touchent principalement les agriculteurs, ont conduit à l'abandon massif des terres cultivables, provoquant une chute de la production locale.

L'insécurité comme moteur de l'inflation

Pour l'ancien vice-président, l'insécurité agit comme une taxe invisible sur chaque foyer nigérian. En empêchant les agriculteurs de travailler, la crise sécuritaire dans le Benue se répercute mécaniquement sur les prix des denrées de base comme le riz, l'igname, les haricots et les légumes sur les marchés nationaux. Atiku Abubakar, qui se revendique lui-même agriculteur, souligne que l'insécurité ne constitue pas seulement un défi sécuritaire, mais un frein majeur à la souveraineté alimentaire et au pouvoir d'achat des ménages.

Exigence de résultats face aux ressources publiques

Atiku Abubakar a mis en cause l'efficacité de l'utilisation des ressources publiques par le gouvernement actuel. Il s'interroge sur la destination des économies réalisées suite à la suppression des subventions sur le carburant, arguant que ces fonds étaient censés financer la sécurité et le développement. Il appelle à une distinction claire entre criminalité et appartenance ethnique, rejetant toute stigmatisation communautaire. Selon lui, la résolution du conflit passe par une protection renforcée des producteurs, des mesures sécuritaires rigoureuses et une volonté politique de restaurer la paix sociale, condition sine qua non pour stabiliser le coût de la vie au Nigeria.

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