Atiku Abubakar interpelle le gouvernement nigérian sur l'explosion de la dette publique à 166 790 milliards de nairas

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
Atiku Abubakar interpelle le gouvernement nigérian sur l'explosion de la dette publique à 166 790 milliards de nairas

L'ancien vice-président nigérian, Atiku Abubakar, a formellement sommé le président Bola Tinubu de justifier la trajectoire actuelle de la dette publique du pays. Malgré une hausse des revenus de l'État, l'encours de la dette a atteint 166,79 billions de nairas en juin 2026, contre 49,85 billions en mars 2023, suscitant une vive polémique sur l'efficacité des réformes économiques en cours.

Une équation budgétaire sous tension

Au cœur de la critique figure le paradoxe entre l'augmentation des recettes fiscales et le recours persistant à l'emprunt. Atiku Abubakar pointe du doigt une gestion qu'il juge opaque, réclamant une réconciliation complète des comptes. Cette demande inclut le détail des obligations anciennes, l'impact des fluctuations du taux de change sur la dette extérieure, ainsi que la nature des nouveaux emprunts contractés depuis 2023. L'ancien vice-président exige également des éclaircissements sur des frais spécifiques, notamment une charge de 22,5 millions de dollars liée à un accord de swap avec la First Abu Dhabi Bank.

Le décalage entre indicateurs macroéconomiques et réalité sociale

Si le Fonds monétaire international (FMI) a récemment reconnu une amélioration de certains indicateurs macroéconomiques, la situation des ménages nigérians demeure critique. Les données du FMI pour 2026 estiment le taux de pauvreté à 63 %, tandis que 27 millions de citoyens ont été confrontés à l'insécurité alimentaire fin 2025. Pour Atiku Abubakar, la réussite d'une politique économique ne doit pas se mesurer à travers des présentations gouvernementales, mais par la capacité réelle des citoyens à accéder aux besoins fondamentaux : alimentation, logement, santé et électricité.

Le poids du service de la dette sur les finances publiques

La pression sur le budget national est illustrée par les chiffres de l'organisation BudgIT, qui révèlent qu'au troisième trimestre 2025, 12,52 billions de nairas ont été consacrés au service de la dette pour 18,63 billions de revenus générés. Cette dynamique inquiète alors que le cadre budgétaire pour 2026 projette un déficit avoisinant les 31,45 billions de nairas. Face à ces chiffres, l'opposition appelle à une transparence totale sur les 19,48 billions de nairas de bons du Trésor en circulation, exigeant de savoir quelle part a été remboursée et quelle part a été refinancée.

L'exigence d'une reddition de comptes

Au-delà des chiffres, c'est la question du sacrifice consenti par la population qui est posée. La suppression des subventions sur le carburant, la dépréciation du naira et la hausse des coûts de l'énergie ont lourdement pesé sur le pouvoir d'achat. Atiku Abubakar estime que le gouvernement doit désormais rendre des comptes sur l'utilisation réelle de ces ressources, tout en suggérant que les autorités devraient présenter des excuses aux Nigérians pour les difficultés économiques prolongées engendrées par ces réformes structurelles.

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