La controverse sur le recours aux cabinets de lobbying à Washington s'intensifie entre l'opposant Atiku Abubakar et la présidence nigériane. Au cœur de cet affrontement, une demande de transparence sur des documents judiciaires américains impliquant le chef de l'État, que l'opposition juge plus prioritaire que les critiques sur ses propres stratégies de communication internationale.
Le litige sur les fonds saisis aux États-Unis
Le point de friction principal concerne une somme de 460 000 dollars ayant fait l'objet d'une procédure de saisie civile par une cour fédérale américaine, associée au nom de Bola Ahmed Tinubu dans des dossiers historiques liés au trafic de stupéfiants et au blanchiment d'argent. Par la voix de son assistant spécial, Phrank Shaibu, Atiku Abubakar insiste sur le fait que ces documents ne sont pas des fabrications politiques, mais des archives judiciaires américaines. Il exhorte le président à apporter des explications claires sur ces faits plutôt que de concentrer ses attaques sur le cabinet de lobbying engagé par l'opposant.
La bataille des contrats de lobbying à Washington
La polémique a été déclenchée par les critiques de la présidence concernant le contrat de 1,2 million de dollars signé par Atiku Abubakar avec le cabinet Von Batten-Montague-York. Le gouvernement nigérian conteste notamment la capacité de cette firme à influencer les décisions de l'administration américaine. En réponse, le camp d'Atiku Abubakar dénonce une hypocrisie manifeste, affirmant que l'administration Tinubu aurait elle-même conclu des accords de lobbying beaucoup plus onéreux, estimés à 750 000 dollars par mois, soit un engagement potentiel atteignant 9 millions de dollars.
Priorités nationales face aux enjeux diplomatiques
Au-delà de la querelle sur les dépenses de communication, l'opposition cherche à recentrer le débat sur les difficultés économiques que traverse le Nigeria. Phrank Shaibu a souligné que les préoccupations des citoyens, marquées par l'inflation galopante sur les produits alimentaires et les transports, ainsi que par la crise de l'énergie et l'insécurité, devraient constituer l'agenda réel du gouvernement. Pour Atiku Abubakar, le gouvernement nigérian tente de détourner l'attention des enjeux de gouvernance intérieure en se focalisant sur des manœuvres de lobbying à l'étranger, alors même que les deux parties utilisent des services similaires pour défendre leurs intérêts respectifs sur la scène internationale.