L'ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar s'apprête à disputer sa septième élection présidentielle, un record qui soulève des interrogations sur la stabilité des partis politiques et la culture de la gouvernance dans le pays. Ce parcours de plus de trois décennies, marqué par de multiples changements d'allégeance partisane, interroge les observateurs sur les enjeux de loyauté et de vision nationale au sein de la classe politique.
Un historique de candidatures répétées
Depuis 1993, Atiku Abubakar a multiplié les tentatives pour accéder à la magistrature suprême sous diverses étiquettes, notamment au sein du Parti social-démocrate (SDP), de l'Action Congress (AC), du Parti démocratique populaire (PDP) et du Congrès de tous les progressistes (APC). Cette persévérance, qui le place dans une catégorie rare de candidats ayant brigué la présidence à sept reprises ou plus, est perçue par ses détracteurs comme une obsession personnelle plutôt que comme une mission d'intérêt public. Son instabilité partisane, avec sept affiliations depuis 1991, est régulièrement citée comme le signe d'une approche transactionnelle du pouvoir.
Tensions internes et héritage politique
Le parcours d'Abubakar est indissociable des crises internes qu'il a traversées, notamment lors de son mandat de vice-président sous Olusegun Obasanjo. Des épisodes de confrontation ouverte au sein du Conseil exécutif fédéral ont marqué cette période, illustrant des ruptures profondes au sommet de l'État. Ces tensions ont laissé des traces durables, alimentant des critiques sur sa gestion des relations avec ses alliés politiques et sur sa propension à fragiliser les structures partisanes lorsqu'il n'obtient pas l'investiture souhaitée.
Enjeux de gouvernance et intégrité
Au-delà des questions électorales, la carrière d'Atiku Abubakar est ponctuée par des allégations de corruption liées à des dossiers internationaux, tels que les affaires Mambilla, Siemens ou Halliburton. Bien qu'aucune condamnation n'ait été prononcée par la justice nigériane, ces dossiers continuent d'alimenter le débat public et les critiques de ses opposants. Par ailleurs, ses récentes prises de position, notamment sur la politique des subventions pétrolières, suscitent des inquiétudes quant à la pérennité des réformes économiques actuelles. L'utilisation de cabinets de communication étrangers pour mener ses campagnes est également pointée du doigt comme une pratique inédite et controversée dans le paysage politique national.