L'ancien vice-président nigérian et candidat de l'African Democratic Congress (ADC), Atiku Abubakar, a vivement critiqué la récente restructuration du conseil de campagne présidentiel du All Progressives Congress (APC). Il qualifie cet élargissement d'aveu de peur, estimant que le président Bola Tinubu privilégie les alliances politiques au détriment de la résolution des crises sécuritaires et économiques qui frappent le pays.
Une stratégie perçue comme un bouclier politique
Pour Atiku Abubakar, l'intégration de nouveaux acteurs politiques, incluant des gouverneurs et des ministres, au sein du conseil de campagne pour l'échéance de 2027, ne répond en rien aux préoccupations immédiates des citoyens. Il soutient que cette accumulation de figures politiques vise davantage à protéger le président d'un bilan jugé difficile qu'à proposer des solutions concrètes contre l'inflation, l'insécurité et les enlèvements. Selon lui, le recrutement massif de soutiens, y compris issus d'autres formations politiques, illustre une volonté de se prémunir contre le jugement populaire plutôt que de répondre à la pauvreté multidimensionnelle qui, selon ses dires, affecte 17,9 millions de personnes supplémentaires.
La controverse sur l'usage de la Villa présidentielle
Au-delà de la composition du conseil, le choix du lieu d'inauguration a suscité une vive polémique. L'événement s'est tenu à la Villa présidentielle, une décision que l'opposant dénonce comme un abus de pouvoir et une rupture de la confiance publique. Atiku Abubakar souligne que ce site, propriété de l'État, ne devrait pas servir de théâtre à des activités partisanes. Il interroge la nécessité d'organiser cette cérémonie à huis clos et en soirée, suggérant qu'une administration confiante en son bilan devrait être en mesure de mener ses activités politiques dans des espaces publics conventionnels, en plein jour.
Le poids du bilan face aux manœuvres électorales
Le cœur de la critique d'Atiku repose sur le décalage entre l'appareil politique déployé par le gouvernement et la réalité vécue par les ménages nigérians. Il affirme que ni la taille du conseil de campagne, ni le nombre de ses membres ne permettront de réduire le coût de la vie ou de restaurer le pouvoir d'achat des travailleurs. En perspective des prochaines élections, l'opposant insiste sur le fait que le verdict des urnes ne dépendra pas de la force de la machine électorale, mais de l'expérience concrète des citoyens sous l'administration actuelle. Il conclut en rappelant que le bulletin de vote ne comportera aucune mention sur l'envergure des équipes de campagne, renvoyant ainsi le président à sa responsabilité directe devant les électeurs.