L'ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar a vivement réagi aux critiques du président Bola Tinubu concernant sa proposition d'un nouveau modèle d'intervention dans le secteur pétrolier. Ce débat met en lumière une divergence profonde sur la gestion de la crise inflationniste et la stratégie de réforme économique du pays.
Une opposition frontale sur la gestion des subventions
Atiku Abubakar rejette les accusations d'incompétence formulées par l'exécutif, qualifiant la suppression brutale des subventions par le président Tinubu d'« acte de vandalisme économique ». Il précise que son propre modèle ne vise pas un retour au système antérieur, mais propose un mécanisme de soutien à la production encadré, limité dans le temps et soumis à un audit indépendant. Selon lui, cette approche permettrait de protéger le pouvoir d'achat des citoyens tout en évitant les dérives liées à l'arbitrage.
La critique du modèle de dépendance financière des États
L'ancien vice-président conteste l'argument du gouvernement selon lequel la suppression des subventions aurait renforcé la solvabilité des États grâce à l'augmentation des allocations du compte de la Fédération (FAAC). Pour Atiku, cette dynamique est symptomatique d'un échec structurel : elle appauvrit les ménages pour renflouer les caisses des gouvernements locaux. Il soutient que cette « sédation fiscale » décourage les États de développer leurs propres bases productives et leur compétitivité économique, les maintenant dans une dépendance accrue vis-à-vis d'Abuja.
Exigences de transparence sur les finances publiques
Au-delà du débat sur les carburants, Atiku Abubakar interpelle directement l'administration Tinubu sur la gestion des ressources nationales. Il exige des explications sur environ 30 000 milliards de nairas de revenus et transferts du compte de la Fédération, ainsi que sur les 12 800 milliards de nairas alloués aux dépenses transversales dans le budget 2026. L'opposant dénonce une « opacité fiscale » et presse la présidence de faire preuve de la même célérité dans la justification des comptes publics qu'elle en déploie pour critiquer ses propositions politiques.