L'ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar a vivement critiqué la gestion actuelle des prix des carburants, qualifiant la politique de suppression des subventions de tromperie sémantique. Il plaide pour la mise en place d'un mécanisme d'intervention étatique transparent, destiné à alléger le poids du coût de la vie sur les ménages.
La controverse des comptes de la NNPC
Au cœur de l'argumentaire d'Atiku Abubakar figurent les rapports financiers de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC). Selon l'ancien candidat à la présidence, les documents comptables révèlent des dépenses liées à la « sécurité énergétique » s'élevant à 4,84 billions de nairas en 2023, puis à 7,13 billions en 2024. Pour M. Abubakar, ces chiffres prouvent que l'État continue de combler le différentiel de prix entre le coût réel d'importation et le prix de vente à la pompe, malgré l'annonce officielle de la fin des subventions. Il soutient que le changement de terminologie, remplaçant le terme « subvention » par « manque à gagner » ou « sécurité énergétique », ne modifie pas la réalité de l'utilisation des fonds publics.
Inégalités dans les incitations fiscales
Atiku Abubakar pointe également une incohérence dans l'application des politiques économiques. Il dénonce le maintien de crédits d'impôt et d'incitations fiscales accordés aux opérateurs pétroliers, notamment via le cadre des projets pétroliers et gaziers en eaux profondes. Ces dispositifs permettent aux investisseurs de bénéficier de crédits de production par baril, une pratique qu'il juge contradictoire avec le refus du gouvernement d'intervenir pour protéger le pouvoir d'achat des citoyens. Il qualifie cette approche de « deux poids, deux mesures », favorisant les intérêts corporatistes au détriment des familles nigérianes.
Un modèle d'intervention encadré
Face à la situation actuelle, l'ancien vice-président propose son propre plan de relance économique. Il insiste sur le fait que son projet ne constitue pas un retour au système opaque du passé, mais une intervention ciblée, plafonnée et soumise à un audit indépendant. Ce dispositif serait assorti d'un mécanisme de sortie clair et complété par des investissements dans le raffinage domestique et les infrastructures de transport de masse. M. Abubakar exige par ailleurs une transparence totale sur les concessions fiscales déjà accordées par l'administration actuelle, afin d'identifier les bénéficiaires et le manque à gagner réel pour les caisses de l'État.