Face aux zones d'ombre entourant la gestion des aides sociales, l'ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar a annoncé la constitution d'une équipe d'experts indépendants. Cette initiative vise à faire la lumière sur le versement de 33,75 milliards de nairas destinés à 3,29 millions de ménages vulnérables, dont la traçabilité est aujourd'hui remise en cause par un rapport d'audit officiel.
Des irrégularités pointées par l'audit fédéral
Le rapport de l'Auditeur général de la Fédération, Shaakaa Chira, a mis en exergue des anomalies comptables majeures au sein du programme d'intervention sociale du gouvernement de Bola Tinubu. Outre les 33,75 milliards de nairas dont la destination finale reste incertaine, l'audit souligne l'absence de justificatifs pour 4,62 milliards de nairas et le décaissement de 36,74 milliards de nairas sans audit préalable. Atiku Abubakar a salué le travail de l'institution, estimant que le rôle de l'Auditeur général est de protéger les deniers publics plutôt que le confort politique de l'exécutif.
Une gestion jugée opaque et insuffisante
L'opposant critique vivement la cohérence des chiffres communiqués par l'administration actuelle, qui a successivement évoqué 15 millions puis 10 millions de ménages bénéficiaires. Pour Atiku Abubakar, le montant moyen de 10 258 nairas par ménage est dérisoire au regard de l'inflation galopante sur les produits alimentaires, l'énergie et les transports. Il dénonce une « cruauté » envers les populations précaires, soulignant que même cette aide modeste ne parvient pas à résister à un examen comptable rigoureux.
L'exigence de transparence et de reddition de comptes
L'équipe d'experts mandatée par l'ancien vice-président aura pour mission d'interroger les canaux de paiement, les registres de bénéficiaires et les données de réconciliation. L'objectif est de déterminer si les fonds ont réellement atteint les citoyens ou s'ils ont été détournés. Atiku Abubakar exige la publication des preuves de paiement vérifiables et demande des poursuites judiciaires contre tout responsable impliqué dans une éventuelle malversation. Il insiste sur le fait que la lutte contre la pauvreté ne doit pas se limiter à des annonces, mais passer par une politique économique favorisant la production locale et la baisse des coûts de l'énergie.