Abéché, Tchad – Un atelier inédit a réuni ce mercredi des acteurs locaux et internationaux pour discuter de l’intégration des données agricoles des zones abritant des réfugiés dans le système statistique national. L’initiative, portée par l’ONG Nirvana en collaboration avec l’Observatoire des Droits de l’Homme et du Développement (OHDL), vise à renforcer la planification des politiques agricoles et à améliorer la résilience des communautés locales.
Une inclusion stratégique pour les politiques agricoles
L’atelier, organisé à Abéché, marque une étape clé dans la reconnaissance des zones d’accueil des réfugiés comme des acteurs économiques à part entière. Jusqu’ici, les données agricoles de ces territoires étaient souvent exclues des rapports nationaux, limitant leur prise en compte dans les décisions publiques. En intégrant ces statistiques, les autorités pourraient mieux évaluer les besoins en infrastructures, en intrants et en formations pour les agriculteurs, qu’ils soient locaux ou réfugiés.
Un partenariat pour une approche inclusive
L’ONG Nirvana et l’OHDL ont mobilisé des experts, des représentants des communautés et des institutions locales pour échanger sur les méthodes de collecte et d’analyse des données. L’objectif est de proposer un cadre harmonisé, permettant de croiser les informations sur les cultures, les rendements et les défis rencontrés par les agriculteurs dans ces zones. Cette démarche s’inscrit dans une logique de développement durable, où la gestion des ressources et la sécurité alimentaire sont au cœur des priorités.
Les défis d’une collecte de données équitable
Plusieurs obstacles persistent, notamment la difficulté d’accès à certaines zones, les disparités dans les méthodes de collecte et la méfiance de certaines populations envers les enquêtes. Les participants ont souligné la nécessité de former des enquêteurs locaux et de sensibiliser les communautés à l’importance de ces données. Une meilleure coordination entre les acteurs humanitaires et les services statistiques nationaux pourrait également faciliter le processus.
Vers une résilience alimentaire renforcée
Si cette intégration aboutit, elle pourrait avoir des répercussions positives sur la sécurité alimentaire au Tchad, où les zones d’accueil des réfugiés sont souvent confrontées à des pressions démographiques et environnementales. Les données recueillies permettraient d’anticiper les crises et d’optimiser l’allocation des ressources. Une avancée qui, si elle est concrétisée, pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.