Assaut contre le blogueur burundais Kenny Claude Nduwimana soulève des doutes sur la protection des journalistes et l’action policière

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 25 lectures
Assaut contre le blogueur burundais Kenny Claude Nduwimana soulève des doutes sur la protection des journalistes et l’action policière

Le 4 mars 2026, le blogueur burundais Kenny Claude Nduwimana a été violemment agressé à son domicile à Bujumbura, dénonçant une absence d’intervention policière et des menaces persistantes à l’encontre de sa famille. L’incident relance le débat sur la protection des voix critiques et le rôle des forces de l’ordre au Burundi.

Une agression nocturne et l’absence d’intervention policière

Alors qu’il rentrait chez lui avec son épouse, Kenny Claude Nduwimana a été frappé à la tête avec une planche par trois individus. Ses voisins, témoins de la scène, l’ont transporté d’urgence vers un centre de santé. Malgré l’appel d’un voisin au poste de police le plus proche, les forces de l’ordre ne sont pas intervenues ; le policier contacté aurait même raccroché son téléphone, laissant le blogueur et les témoins sans assistance. Cette inaction a alimenté les soupçons de complicité ou de négligence de la part des autorités.

Un passé judiciaire controversé du blogueur

Le même blogueur a déjà fait l’objet d’une condamnation judiciaire. Le Tribunal de Grande Instance de Mukaza, à Bujumbura, l’a condamné le 26 août 2024 à huit mois d’emprisonnement ferme et à verser 500 000 francs burundais en dommages‑et‑intérêts, pour « outrage à un dépositaire de l’autorité publique » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Cette décision s’inscrit dans un contexte d’arrestations antérieures : le 3 octobre 2023, les forces du Service National de Renseignement (SNR) ont saisi son ordinateur portable et ses deux téléphones, et le 19 janvier 2021, du matériel de reportage a également été confisqué, sans jamais être restitué ni remis au parquet.

Réactions et inquiétudes de la communauté

Après l’agression, la famille de Nduwimana vit dans la crainte permanente de nouvelles menaces. Un des voisins qui a alerté la police aurait reçu des intimidations, renforçant le sentiment d’insécurité parmi les habitants du quartier. Les organisations de défense des droits humains et les associations de journalistes ont exprimé leur préoccupation, appelant à une enquête indépendante sur les circonstances de l’attaque et sur le comportement des forces de l’ordre.

Enjeux pour la liberté d’expression au Burundi

Ce double épisode – violence physique et procédure judiciaire sévère – met en lumière les défis auxquels sont confrontés les acteurs du débat public au Burundi. L’absence de réponse policière et la persistance de menaces contre les proches du blogueur illustrent les risques encourus par ceux qui critiquent les autorités. Le cas de Kenny Claude Nduwimana devient ainsi un indicateur de la capacité de l’État à garantir la liberté d’expression et la sécurité des journalistes, deux piliers essentiels pour un environnement médiatique pluraliste et responsable.

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