Alors que le scandale des 37 milliards de francs CFA secoue le Sénégal, le groupe espagnol AEE Power révèle des tensions autour de factures impayées par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser). Le dirigeant de l’entreprise, José Ángel González Tausz, dénonce l’incapacité de l’Aser à régler les sommes dues, malgré des dépenses engagées bien au-delà des obligations contractuelles.
Les faits essentiels
Le groupe AEE Power, dirigé par José Ángel González Tausz, affirme avoir honoré à 100 % ses engagements contractuels dans le cadre d’un projet d’électrification rurale au Sénégal. Selon lui, plus de 40 millions de dollars auraient été investis auprès de fournisseurs, avec des dépenses supplémentaires dépassant ce montant. Pourtant, l’Aser ne serait pas en mesure de régler les factures impayées, faute de disponibilité financière confirmée.
Le dirigeant espagnol pointe également un flou persistant autour de 84 millions d’euros, dont la localisation et la disponibilité restent incertaines. Malgré cette situation, AEE Power n’a ni résilié son contrat ni engagé de plainte contre l’État sénégalais ou l’Aser. L’entreprise maintient même un avenant favorable au gouvernement, toujours en attente de mise en œuvre, et continue de produire des équipements en prévision d’une reprise des travaux.
Pourquoi c’est important
Ce dossier met en lumière les tensions financières autour de l’électrification rurale au Sénégal, un secteur déjà fragilisé par le scandale des 37 milliards de francs CFA. Les retards de paiement de l’Aser pourraient compromettre la réalisation de projets essentiels, avec des répercussions sur les populations locales et les entreprises impliquées. La situation interroge également sur la gestion des fonds publics et la transparence des institutions en charge de l’électrification.
L’attitude d’AEE Power, qui maintient sa collaboration malgré les impayés, souligne une volonté de préserver les relations commerciales, mais aussi une dépendance potentielle aux financements de l’Aser pour la finalisation des projets.
Ce qu’il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à clarifier dans les prochaines semaines. D’abord, la disponibilité réelle des fonds évoqués par l’Aser, notamment les 84 millions d’euros dont la localisation est incertaine. Ensuite, la mise en œuvre de l’avenant signé par AEE Power, qui pourrait apporter des solutions temporaires ou structurelles aux tensions actuelles.
Enfin, l’évolution des relations entre l’entreprise et l’Aser sera déterminante : une escalade des conflits pourrait entraîner des retards supplémentaires dans les projets d’électrification, tandis qu’une résolution rapide pourrait rassurer les autres acteurs du secteur.