Arthur Kobina Kennedy, figure de la société civile ghanéenne, a exhorté le juge en chef Paul Baffoe‑Bonnie à recentrer son action sur les dysfonctionnements internes de la magistrature, au lieu de parcourir les entreprises publiques comme le SSNIT ou le MIIF.
Un appel de l’activiste à recentrer la Cour suprême
Lors d’une tribune publique, le docteur Kennedy a rappelé que le rôle du chef de la justice consiste avant tout à garantir l’indépendance et l’efficacité du système judiciaire. Selon lui, les déplacements du juge en chef auprès d’institutions étatiques et les commentaires qui en découlent « dépassent le cadre de ses fonctions » et risquent de brouiller la séparation des pouvoirs.
Les critiques du juge en chef sur les SOE ghanéennes
Le 2 septembre, Paul Baffoe‑Bonnie a visité le Fonds d’investissement des revenus miniers (MIIF) et le Fonds de sécurité sociale et d’assurance nationale (SSNIT). Il y a salué les performances du MIIF et a interrogé les huit dernières années de gestion étatique, tout en soulignant les difficultés rencontrées par le SSNIT, notamment la perte d’actifs. Ces remarques ont été perçues comme un jugement politique sur les administrations passées, suscitant l’indignation de plusieurs observateurs.
Les enjeux internes identifiés par Kennedy
Arthur Kennedy a listé les problèmes prioritaires qui, selon lui, menacent la crédibilité de la justice ghanéenne : un processus d’appel « serpentin », la détention prolongée de prisonniers dont les dossiers auraient disparu, la corruption judiciaire mise en évidence par les enquêtes Afrobarometer, et la répartition opaque des panels de juges. Il estime que la résolution de ces points aurait un impact durable sur la réputation du tribunal et sur l’héritage du juge en chef.
Réactions politiques et institutionnelles
Le débat a rapidement pris une dimension partisane. Le parti au pouvoir, le Nouveau Parti démocratique (NDC), a rejeté les appels à la démission, tandis que le parti d’opposition, le Nouveau Parti patriotique (NPP), a accusé le juge en chef de commentaires partisans et a exigé sa démission. Le Centre ghanéen pour le développement démocratique (CDD‑Ghana) a, quant à lui, appelé à la retenue afin de préserver l’impartialité de la magistrature. Le Service judiciaire a répondu que les observations du juge étaient faites de bonne foi et qu’il restait engagé à défendre l’indépendance et l’équité du système judiciaire.