La division spéciale de cybersécurité (DSC) a arrêté Mariama Ba, 29 ans, connue sous le pseudonyme de Nourah Ba, après la diffusion d’une publication jugée offensante et incitative à la haine. L’affaire relance le débat sur les limites de la parole en ligne au Sénégal.
Une publication qui a déclenché l’enquête
Sur ses réseaux, la créatrice de contenus a partagé une phrase en wolof : « Sène Président akk sène serigne… Yenn niepp ay goor‑jigeen you sida ngen ». Selon les autorités, ces propos seraient perçus comme une insulte dirigée contre le président et, par extension, contre un groupe de personnes en raison de leur origine nationale. La DSC a ouvert une procédure après avoir identifié la publication comme potentiellement contraire aux bonnes mœurs et susceptible d’inciter à la haine.
Les accusations retenues par la justice sénégalaise
Après une première audition, Mariama Ba a été placée en garde à vue. Le parquet, en autosaisine, l’a mise en cause pour trois chefs d’accusation : discours contraires aux bonnes mœurs, insultes à l’encontre d’un groupe de personnes en raison de leur nationalité, et incitation à la haine. La mise en cause s’appuie sur le texte de la publication et sur le cadre juridique sénégalais qui criminalise les propos jugés discriminatoires ou incitatifs à la violence.
Réactions et enjeux pour la liberté d’expression en ligne
L’arrestation de Nourah Ba intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises renforcent la surveillance du cyberespace, notamment via la DSC. Les défenseurs des droits numériques soulignent le risque d’une interprétation large des notions de « bonnes mœurs » et d’« incitation à la haine », qui pourrait restreindre la liberté d’expression. Pour les créateurs de contenus, le cas illustre la nécessité de naviguer avec prudence entre liberté d’opinion et législation sur le discours haineux. Le suivi de la procédure judiciaire sera observé de près, tant par les acteurs du secteur numérique que par les organisations de défense des libertés publiques.