Une vive polémique oppose le mouvement Kiiraay au parti Pastef suite à des déclarations jugées menaçantes par la formation au pouvoir. Arona Coumba Ndoffène Diouf, ancien ministre-conseiller, conteste formellement avoir appelé à une quelconque atteinte à l'intégrité physique d'Ousmane Sonko.
La saisine du parquet par Pastef
La controverse trouve son origine dans une conférence de presse tenue lundi par le mouvement Kiiraay. Lors de cet échange, Arona Coumba Ndoffène Diouf a formulé des commentaires sur la situation politique actuelle, incluant une référence à la nécessité de « trouver une solution » concernant Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale. Ces propos ont immédiatement suscité une réaction ferme du Bureau politique national de Pastef. Dans un communiqué publié le mercredi 28 octobre, le parti a qualifié ces déclarations d'« extrêmement dangereuses » et a officiellement saisi le parquet pour dénoncer ce qu'il interprète comme un appel à la violence.
La défense d'une lecture politique
Face à ces accusations, l'ancien ministre-conseiller de Macky Sall a tenu à apporter une mise au point. Il rejette catégoriquement toute intention belliqueuse ou complotiste, affirmant que ses propos ont été sortis de leur contexte par ses adversaires politiques. Selon lui, le terme « arrêter » utilisé lors de son intervention ne visait en aucun cas l'intégrité physique du leader de Pastef. Il soutient que son discours s'inscrivait dans le cadre d'une opposition démocratique classique, visant à contrer le parti au pouvoir par des moyens légaux et électoraux.
Mobilisation électorale et enjeux de langage
Dans sa réponse, Arona Coumba Ndoffène Diouf précise que son message s'adressait avant tout à ses camarades de Kiiraay. Il replace ses déclarations dans la perspective des prochaines échéances électorales, notamment les législatives et les municipales. Pour l'intéressé, il s'agissait d'appeler à une mobilisation citoyenne accrue et à une compétition politique plus vigoureuse sur le terrain. Cette affaire illustre la tension actuelle du climat politique sénégalais, où chaque déclaration publique fait l'objet d'une surveillance étroite et d'interprétations divergentes entre les forces en présence.