Après quatre ans de réorganisation, la famille Arnault prépare une nouvelle refonte de la structure qui chapeaute LVMH. Le projet, présenté au conseil d'administration de Christian Dior, prévoit la fusion de plusieurs holdings en une seule société en commandite par actions, afin de garantir la pérennité du contrôle familial sur le groupe de luxe.
Fusion des holdings familiales autour d’une entité unique
Le plan consiste d’abord à absorber Financière Agache par Agache, puis à faire absorber cette dernière par Christian Dior. La holding intermédiaire, actuellement Christian Dior, serait transformée en société en commandite par actions et rebaptisée Agache. Cette nouvelle entité détiendrait directement 49,76 % du capital de LVMH et 65,55 % des droits de vote, portant la participation globale du groupe familial à 50,33 % du capital et 66,27 % des votes.
La commandite, un bouclier contre les OPA hostiles
La forme juridique de la commandite par actions, adoptée en 2022, sépare la gestion de la propriété du capital et facilite la transmission au sein d’une entreprise familiale. Elle constitue également une barrière dissuasive contre les offres publiques d’achat, car elle rend plus difficile l’acquisition d’une majorité de droits de vote par un acquéreur extérieur. Bernard Arnault resterait associé commandité et exercerait la gérance de la nouvelle société.
Offre publique de retrait et impact sur la Bourse
Pour finaliser la restructuration, le groupe devra lancer une offre publique de retrait (OPR) en numéraire sur les 2,44 % d’actions Christian Dior qu’il ne possède pas encore. L’offre ne sera pas suivie d’un retrait obligatoire de la cotation de Christian Dior à la Bourse de Paris, ce qui maintiendra la visibilité du titre tout en consolidant le contrôle familial.
Contexte de succession et dynamique du marché du luxe
Cette simplification intervient alors que la question de la succession de Bernard Arnault, 77 ans, reste en suspens. Les cinq enfants d’Arnault occupent des postes clés au sein de LVMH, dont deux siègent au comité exécutif. Le projet arrive également dans un contexte de ralentissement du secteur du luxe et après que LVMH a perdu la première place de la capitalisation boursière française au profit de L’Oréal.