Pour la première fois de sa jeune carrière, le lanceur européen Ariane 6 s’élance vers l’orbite de transfert géostationnaire, à 36 000 km d’altitude. Ce 9e vol, mission VA270 prévue le 27 août 2026 depuis le Centre spatial guyanais, constitue une étape stratégique : valider Ariane 6 sur le créneau historique des satellites de télécommunications lourds, où s’est construite la réputation d’Ariane 5.
Une configuration « légère » pour une cible stratégique
Le décollage est prévu à 22h10, heure de Paris, avec une fenêtre de tir de deux heures et demie en cas d’imprévu. Arianespace a retenu la version Ariane 62, équipée de deux boosters à poudre P120C, pour cette mission. Le vol lui-même sera court : à peine 36 minutes séparent l’arrachement au pas de tir du largage du satellite.
MTG-I2, un satellite météorologique au cœur de la mission
Sous la coiffe prend place MTG-I2, un satellite construit par Thales Alenia Space pour le compte d’EUMETSAT. Sa mission : balayer le continent européen toutes les deux minutes et demie pour détecter précocement les orages violents et anticiper les inondations. Il rejoindra MTG-I1, mis en orbite par une Ariane 5 en décembre 2022, pour assurer la continuité du service Météosat Troisième Génération au-dessus de l’Europe.
Reconquérir l’orbite où SpaceX fait la loi
Jusqu’ici, Ariane 6 s’était illustrée en orbite basse (notamment pour la constellation LEO d’Amazon) et en orbite moyenne, avec les satellites Galileo. L’orbite de transfert géostationnaire, terrain de jeu d’Ariane 5 pendant près de trois décennies avec plus de 170 satellites déployés, restait une zone inexplorée pour le nouveau lanceur. La franchir représente un enjeu industriel et géopolitique majeur : permettre à l’Europe de garantir un accès autonome à l’espace et de rester compétitive sur le marché des satellites de télécommunications face à la concurrence de SpaceX.
Une météo favorable pour cette fenêtre de lancement
À l’approche du décollage, les conditions météorologiques étaient jugées favorables. Arianespace devait assurer une retransmission en direct à partir de 21h45, permettant de suivre l’ascension du lanceur puis la séparation du satellite en orbite. Le succès de cette mission constituerait un signal fort pour l’avenir du programme Ariane et pour la place de l’Europe dans la course spatiale mondiale.