L'ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar a formellement démenti avoir été mis en cause par un tribunal de la Chambre de commerce internationale (CCI) dans le cadre du litige sur le projet énergétique de Mambilla. Si son entourage rejette toute condamnation pour corruption, les zones d'ombre entourant un transfert financier de 500 000 dollars effectué en 2003 vers le compte de son ex-épouse demeurent au cœur des débats politiques nigérians.
Des zones d'ombre persistantes sur une transaction financière
Le tribunal arbitral de la CCI, saisi dans le cadre du long conflit opposant l'État nigérian à la société Sunrise Power, a examiné un virement de 500 000 dollars effectué en janvier 2003 par Leno Adesanya, promoteur de Sunrise, vers un compte bancaire américain appartenant à Jennifer Douglas Abubakar. Bien que le tribunal ait précisé ne disposer d'aucune preuve formelle indiquant qu'Atiku Abubakar ait usé de sa fonction officielle pour favoriser l'attribution du contrat Mambilla, il a souligné des « signaux d'alerte significatifs ». Les juges ont notamment relevé l'absence totale de preuves documentaires ou de témoignages indépendants venant étayer la thèse d'une opération de change légitime, avancée par M. Adesanya.
La défense d'Atiku Abubakar face aux pressions politiques
La réponse de l'ancien vice-président a été portée par son assistant spécial, Phrank Shaibu. Ce dernier a fermement réfuté toute interprétation criminelle de la sentence arbitrale, rappelant qu'il s'agit d'une procédure commerciale et non d'un procès pénal. Le camp d'Atiku Abubakar conteste la qualification de « verdict de corruption » utilisée par le conseil présidentiel du parti au pouvoir, l'APC, qui a appelé l'ancien candidat à se retirer de la course présidentielle de 2027. Pour ses soutiens, l'absence de condamnation explicite dans la sentence finale constitue la preuve de son innocence.
Le contexte complexe du projet Mambilla
Le tribunal a également scruté d'autres mouvements financiers, notamment des paiements effectués en 2019 par M. Adesanya à l'ancien ministre de l'Énergie, Olu Agunloye, responsable de l'attribution initiale du contrat en 2003. Si le tribunal a finalement rejeté les réclamations de Sunrise Power contre le Nigeria, permettant à l'État d'éviter une responsabilité financière se chiffrant en milliards de dollars, les circonstances entourant ces transactions continuent d'alimenter les critiques. Le tribunal a conclu qu'en l'absence de justificatifs commerciaux, il ne pouvait exclure un lien entre ces flux financiers et le rôle prépondérant joué par Atiku Abubakar dans les négociations gouvernementales sur le projet Mambilla à cette période.