Aquaculture à Zonsé : 2,5 tonnes de poisson récoltées, un modèle économique local en marche

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Aquaculture à Zonsé : 2,5 tonnes de poisson récoltées, un modèle économique local en marche

Une première récolte de 2 551 kg de poisson, entièrement vendue sur place, marque un tournant pour l’aquaculture à Zonsé. Porté par une coopérative locale et un financement canadien, ce projet illustre comment l’exploitation maîtrisée des ressources halieutiques peut dynamiser l’économie d’une commune rurale.

Les faits essentiels

La Société coopérative simplifiée « Wosso Gouta » de Zonsé a réalisé sa première récolte piscicole dans une cage flottante installée sur le barrage de Bagré, avec un volume de 2 551 kg de poisson. Financé par le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), ce projet a été mené à terme grâce à un accompagnement technique adapté, confirmant la viabilité du dispositif dès sa première exploitation.

L’intégralité de la production a été écoulée directement auprès de grossistes et de détaillants des marchés environnants, sans stockage intermédiaire. Cette commercialisation immédiate a permis à la coopérative de disposer de liquidités rapides et de renforcer son fonds de roulement.

Une seconde cage est en cours de cycle de croissance, avec une récolte prévue visant une production globale estimée entre 5 et 5,5 tonnes de poisson. La coopérative compte 40 membres, dont 16 femmes, et vise à pérenniser cette activité comme source de revenus pour les familles locales.

Pourquoi c'est important

Ce projet aquacole représente une innovation économique pour Zonsé, où l’exploitation des plans d’eau n’avait jusqu’ici pas été structurée à grande échelle. La réussite de cette première récolte démontre que l’aquaculture, lorsqu’elle est accompagnée techniquement et financièrement, peut devenir un secteur porteur pour les jeunes et les femmes, souvent exclus des opportunités traditionnelles.

La vente immédiate des poissons évite les pertes post-récolte et garantit une trésorerie stable pour la coopérative, ce qui est crucial pour son autonomie financière. Les retombées économiques directes – revenus pour les membres et leurs familles – pourraient inspirer d’autres communes à explorer des modèles similaires, notamment dans les zones disposant de ressources hydriques sous-exploitées.

Ce qu'il faut surveiller

La gestion rigoureuse des recettes générées par la coopérative sera déterminante pour assurer la pérennité du projet. Les responsables locaux ont insisté sur la nécessité d’une transparence dans l’utilisation des fonds, afin de maintenir la confiance des partenaires et des membres.

L’évolution de la seconde cage, dont la récolte pourrait porter la production totale à 5-5,5 tonnes, constituera un indicateur clé de la capacité de la coopérative à maintenir un rythme de production stable. Une fois ce seuil atteint, la question de l’élargissement du marché au-delà des circuits locaux pourrait se poser pour absorber une production accrue.

Enfin, l’engagement des autorités locales à promouvoir l’aquaculture auprès de la jeunesse de Zonsé pourrait accélérer l’adoption de ce modèle, à condition que les formations et les infrastructures suivent. Le succès de cette initiative dépendra aussi de la capacité à reproduire ce schéma dans d’autres communes du Burkina Faso, où les ressources en eau restent un potentiel inexploité.

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