Un jury fédéral américain a condamné le géant Apple à verser 5,7 milliards de dollars de dommages et intérêts pour l'utilisation non autorisée de technologies haptiques. Cette décision judiciaire fait suite à une plainte déposée en 2021 par la société Taction Technology, spécialisée dans les équipements audio et de jeu.
Le cœur du litige : la technologie haptique
Le différend porte sur deux brevets déposés par Taction en 2020, relatifs aux systèmes de vibrations qui permettent aux utilisateurs de ressentir un retour tactile lors de l'interaction avec un écran ou un bouton. Taction soutient qu'Apple a intégré ces innovations dans ses iPhone et Apple Watch pour améliorer l'expérience utilisateur, sans disposer de licence ni d'autorisation officielle. Ces systèmes, essentiels à l'ergonomie des appareils modernes, sont au centre d'une bataille sur la propriété intellectuelle des composants vibrants.
Une bataille judiciaire complexe
L'affaire a connu des rebondissements significatifs. En 2023, un juge de San Diego avait initialement tranché en faveur d'Apple, estimant qu'il n'y avait pas violation de brevets. Cependant, cette décision a été contestée devant une cour d'appel fédérale, menant à un nouveau procès devant le tribunal de district du sud de la Californie. Si le jury a reconnu la violation, il a toutefois précisé qu'elle n'avait pas été commise de manière intentionnelle par la firme de Cupertino.
La stratégie de défense d'Apple
Face à cette condamnation, Apple a immédiatement annoncé son intention de faire appel. La multinationale conteste fermement le verdict, qualifiant le montant des dommages de non fondé sur les faits. Selon la direction d'Apple, son système propriétaire, le « Taptic Engine », est fondamentalement distinct de la technologie développée par Taction, une distinction qui aurait été confirmée par des tests effectués durant le procès. Ce dossier s'inscrit dans une série de contentieux juridiques récents pour Apple, qui a notamment été condamné fin 2025 à verser 634 millions de dollars à l'entreprise Masimo pour une affaire similaire liée à des capteurs de santé.