Un jury fédéral de San Diego a condamné Apple à verser plus de 5,7 milliards de dollars à la société Taction Technology pour l'utilisation non autorisée de brevets liés à la technologie haptique. Ce verdict, qui concerne le système de vibrations présent dans de nombreux iPhone et Apple Watch, marque une étape majeure dans un conflit judiciaire entamé il y a plus de cinq ans.
Le cœur du litige : la précision du Taptic Engine
Le différend porte sur la technologie utilisée par Apple pour simuler des sensations tactiles, comme le retour physique lors d'un clic sur un écran. Taction Technology, une entreprise spécialisée dans l'haptique, soutient que le Taptic Engine d'Apple exploite ses inventions brevetées. Selon la plainte, Apple aurait intégré des lames flexibles et un ferrofluide pour stabiliser les masses mobiles, une méthode que Taction affirme avoir développée pour affiner la précision des vibrations entre 40 et 200 Hz.
Une gamme étendue d'appareils concernés
La procédure judiciaire cible une large série d'équipements commercialisés par la firme de Cupertino. Parmi les modèles cités figurent plusieurs générations d'iPhone, allant de l'iPhone 8 à l'iPhone 12, ainsi que les Apple Watch Series 3 à 6. Taction Technology avance que cette technologie a été déterminante pour permettre à Apple de supprimer le bouton d'accueil physique sur ses smartphones, remplaçant le mécanisme traditionnel par une réponse haptique sophistiquée.
Une bataille juridique loin d'être terminée
Malgré la lourdeur de la condamnation financière, Apple conteste fermement le verdict. La multinationale soutient que son Taptic Engine repose sur une architecture fondamentalement différente de celle de Taction Technology et a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel. Un élément clé du procès est que le jury n'a pas retenu le caractère « délibéré » de la contrefaçon, ce qui évite à Apple une multiplication des dommages et intérêts que demandait initialement le plaignant.
Cette affaire, qui avait été rejetée en 2023 avant d'être relancée par une cour d'appel fédérale, illustre les enjeux stratégiques autour de la propriété intellectuelle dans le secteur technologique. Alors que le montant de 5,7 milliards de dollars reste théorique tant que les recours ne sont pas épuisés, le dossier souligne la complexité des batailles juridiques entourant les composants miniaturisés qui définissent aujourd'hui l'expérience utilisateur des produits grand public.