Alors que son mandat s'achève en décembre, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a lancé un ultime appel pressant aux dirigeants mondiaux pour accélérer la transition énergétique. Il exhorte les États à abandonner les combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables, désormais compétitives et incontournables.
L'urgence climatique face aux records de chaleur
Le plaidoyer de M. Guterres intervient dans un contexte de dérèglement climatique manifeste, marqué par un mois d'août record en termes de températures mondiales. Les effets se multiplient à travers la planète, des canicules extrêmes aux inondations meurtrières, comme celles ayant récemment frappé le Népal et la Chine. Si la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié cette période de « tournant décisif », les engagements concrets peinent encore à suivre l'ampleur des catastrophes, malgré la reconnaissance unanime de la crise.
Stratégies nationales et financements en question
Quelques avancées notables ont été enregistrées, notamment avec l'adoption par l'Allemagne d'une feuille de route pour la sortie des énergies fossiles, rejoignant ainsi la France et les Pays-Bas. Parallèlement, le Royaume-Uni a annoncé un investissement de 330 millions de livres sterling pour soutenir des mécanismes financiers dédiés à la nature et au climat. Toutefois, des observateurs, à l'instar du groupe de réflexion E3G, déplorent le manque d'annonces ambitieuses de la part de la majorité des États présents.
Les défis de la COP31 et les paradoxes énergétiques
La préparation de la COP31, coorganisée par la Turquie et l'Australie, illustre la complexité des négociations internationales. Si l'Australie met en avant la montée en puissance des renouvelables dans son mix électrique, elle poursuit simultanément des discussions pour sécuriser ses approvisionnements en hydrocarbures. De son côté, la Turquie insiste sur la nécessité de concilier les objectifs climatiques avec les réalités socio-économiques. Ankara propose de porter la part de l'électricité dans la consommation mondiale à 35 % d'ici 2035, sans toutefois préciser la part des énergies décarbonées dans cet objectif, laissant planer une incertitude sur la méthode de transition réelle.