À quelques jours de l'ouverture de la COP17 sur la biodiversité en Arménie, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel pressant aux dirigeants mondiaux. Il dénonce le maintien des subventions publiques aux énergies fossiles, qualifiant ces investissements de menace directe pour l'équilibre écologique de la planète.
Un paradoxe financier destructeur
Le constat dressé par le chef de l'ONU souligne un déséquilibre majeur dans l'allocation des ressources mondiales. Alors que les États se sont engagés à protéger la nature, les flux financiers continuent de favoriser massivement sa dégradation. António Guterres a révélé un ratio alarmant : pour chaque dollar investi dans la protection de la biodiversité, trente dollars sont alloués à des activités contribuant à sa destruction. Cette contradiction fragilise les efforts internationaux visant à limiter le réchauffement climatique et à restaurer les écosystèmes.
Le retard des engagements de Kunming-Montréal
En 2022, lors de la COP15, près de 200 États avaient adopté le cadre mondial « Kunming-Montréal », incluant l'objectif de réduire de 500 milliards de dollars par an les subventions néfastes pour l'environnement d'ici 2030. À l'approche de la COP17, le bilan est préoccupant : les progrès sont jugés insuffisants sur la quasi-totalité des engagements pris. La conférence en Arménie servira de point d'étape crucial pour évaluer ces manquements et tenter d'accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires.
La pression du secteur privé pour une réforme fiscale
Au-delà des instances politiques, le monde économique commence à exprimer ses inquiétudes face à l'épuisement des ressources naturelles. Un collectif de 130 entreprises, incluant des acteurs majeurs comme BNP Paribas, Danone et Hermès, a récemment interpellé les gouvernements. Ces entreprises demandent une réforme profonde des incitations financières, estimées à 2 600 milliards de dollars annuels, qui soutiennent encore largement des modèles économiques destructeurs. La COP17 devra donc arbitrer entre ces pressions économiques et les impératifs de survie environnementale, alors que le temps presse pour atteindre les objectifs fixés à l'horizon 2030.