À l'occasion de son dernier discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies, le secrétaire général António Guterres a tracé un bilan exigeant pour la communauté internationale. Il a plaidé pour une régulation contraignante de l'intelligence artificielle et une refonte profonde des institutions mondiales, jugées inadaptées aux réalités géopolitiques contemporaines.
Un cadre multilatéral pour l'intelligence artificielle
Face à l'accélération technologique, António Guterres a réitéré la nécessité d'instaurer une supervision indépendante et crédible de l'IA. Le secrétaire général insiste sur le partage des informations concernant les risques de sécurité et l'établissement de garanties communes. Cette position rejoint les préoccupations actuelles des grandes puissances, notamment les États-Unis qui ont proposé un mécanisme de notification sur la sécurité de l'IA, actuellement en discussion entre Washington et Pékin pour prévenir les incidents affectant la sécurité nationale.
L'obsolescence des institutions internationales
Le constat dressé par le dirigeant onusien est sans appel : les mécanismes d'action collective sont sous tension. M. Guterres souligne que l'architecture actuelle des Nations Unies reflète encore les rapports de force d'une époque révolue, rendant l'organisation vulnérable aux critiques sur son efficacité. Ce plaidoyer pour une réforme intervient dans un contexte de désengagement financier de certains États membres et d'une impasse politique marquée par l'absence de plusieurs chefs d'État influents lors de cette session new-yorkaise.
Défis sécuritaires et impératifs de paix
Au-delà de la technologie, le secrétaire général a réaffirmé son engagement en faveur d'une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien et a appelé à une désescalade immédiate au Moyen-Orient, notamment face aux menaces pesant sur les routes maritimes en mer Rouge. Il a également insisté sur la responsabilité des pollueurs dans la crise climatique, réitérant des positions constantes tout au long de ses dix années de mandat. Alors qu'il s'apprête à quitter ses fonctions le 31 décembre, M. Guterres a réitéré sa conviction que la paix demeure un objectif atteignable, malgré les fractures croissantes au sein du Conseil de sécurité.