António Guterres appelle à une réforme historique du Conseil de sécurité pour inclure l'Afrique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 61 lectures
António Guterres appelle à une réforme historique du Conseil de sécurité pour inclure l'Afrique

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a réitéré lors de la 81e Assemblée générale à New York l'urgence d'intégrer l'Afrique au sein du Conseil de sécurité en tant que membre permanent. Cette prise de position souligne le décalage profond entre l'architecture diplomatique héritée de 1945 et les réalités géopolitiques et démographiques du XXIe siècle.

Un héritage colonial au cœur des institutions

La composition actuelle du Conseil de sécurité, dominée par les cinq membres permanents dotés d'un droit de veto (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), reflète l'ordre mondial établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, la majorité des nations africaines étaient encore sous domination coloniale et ne pouvaient participer à la définition des règles internationales. Pour António Guterres, maintenir ce statu quo est devenu « injuste et indéfendable », le continent africain étant aujourd'hui un acteur incontournable de la scène mondiale.

La position commune de l'Union africaine

Depuis 2005, l'Union africaine porte une revendication structurée, fondée sur le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Le continent réclame au minimum deux sièges permanents et cinq sièges non permanents. Au-delà de la simple représentation, le débat porte également sur le droit de veto : si l'Union africaine prône sa suppression, elle exige, tant qu'il demeure, que les futurs membres permanents africains bénéficient de prérogatives strictement équivalentes à celles des membres actuels.

Les défis juridiques d'une réforme structurelle

La concrétisation de cette réforme ne dépend pas du secrétariat général, mais d'un processus législatif complexe au sein de l'organisation. Toute modification de la Charte des Nations unies requiert l'approbation des deux tiers des membres de l'Assemblée générale, suivie d'une ratification par les deux tiers des États membres. Cette procédure impose une condition contraignante : l'accord unanime des cinq membres permanents actuels, dont le droit de veto leur permet de bloquer toute évolution de la gouvernance mondiale qui ne leur conviendrait pas.

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