La ministre des Sports, de la Jeunesse et de l'Emploi, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, ambitionne de restructurer le paysage sportif burkinabè pour en faire un moteur de développement économique et social. Face aux défis structurels et aux récentes polémiques sur les primes des Étalons dames, elle prône une gestion transparente et une professionnalisation accrue du secteur.
Clarification sur les primes des Étalons dames
La ministre a formellement démenti toute retenue ou amputation sur les primes dues aux joueuses de l'équipe nationale féminine. S'appuyant sur les documents administratifs et les services de paiement, elle souligne l'importance de la traçabilité financière. Pour encadrer ces versements, un arrêté conjoint daté du 15 juillet 2026 a été instauré, fixant des barèmes précis : 1 million de FCFA pour la sélection et le regroupement, avec des primes de performance pouvant atteindre 5 millions de FCFA en cas de victoire finale lors de la CAN.
Le sport comme levier d'employabilité
Forte de son expérience passée à la Fédération burkinabè de football, la ministre souhaite dépasser la vision du sport comme simple loisir. Son objectif est de transformer cette discipline en une véritable industrie capable de générer des emplois décents. Cette stratégie repose sur une meilleure articulation entre la pratique sportive, la formation académique et l'autonomisation des athlètes, afin d'éviter que ces derniers ne soient contraints de sacrifier leur avenir professionnel pour leur carrière sportive.
Défis structurels et vision à long terme
Le Burkina Faso fait face à une réalité budgétaire complexe, avec une quarantaine de disciplines sportives se partageant des ressources limitées. La ministre reconnaît que les moyens actuels ne permettent pas toujours de couvrir l'ensemble des besoins des sélections nationales. Pour pallier ces manques, elle mise sur une modernisation des infrastructures, le renforcement du sport scolaire et universitaire, ainsi qu'une détection plus efficace des talents. Ce chantier de transformation, bien que complexe, est présenté comme une nécessité pour assurer le rayonnement national et la cohésion sociale du pays.